« Les autorités des deux pays se sont entendues sur les règles de bon voisinage pour ne pas pénaliser les populations qui vivent de ces échanges inter frontaliers », a déclaré à IRIN le général Mathieu Boni, chef d'état-major des forces armées béninoises. Il a ajouté qu'il espérait que le bon sens prendra désormais le pas sur les pulsions militaires.
Un incident qui aurait eu l’air d’une banale histoire de voisinage s’il ne s’était déroulé dans la zone de Kourou Koala, que se disputent le Bénin et le Burkina Faso, a failli dégénérer, a déclaré à IRIN le préfet de la région de l'Atacora-Donga joint au téléphone.
Selon ce dernier, un ressortissant burkinabè s'est une première fois rendu dans le village de Kibouli, situé dans le territoire béninois, pour demander la permission de récolter du miel sur un arbre. Face au refus des habitants du village, ce dernier se serait néanmoins introduit dans le village dans la nuit du 18 au 19 janvier 2006 pour s’emparer du nectar.
Les habitants de Kibouli, réveillés par un incendie, auraient alors surpris le jeune homme burkinabè et se seraient rués sur lui. Armé d’un couteau, ce dernier aurait blessé trois villageois avant d’être appréhendé par les forces de l'ordre béninoises.
Des militaires burkinabè auraient procédé à l’arrestation du chef de village, de son épouse et deux autres personnes quelques jours plus tard.
En représailles, les forces de l’ordre béninoises ont empêché le mouvement de personnes et de véhicules à la frontière.
Une rencontre entre les autorités des deux pays survenue le 23 janvier a permis d’apaiser la situation.
Mercredi, le ministre burkinabé de l’Administration territoriale et la décentralisation Clément Sawadogo a apporté « un démenti catégorique » aux informations faisant état de mouvements de troupes burkinabè à la frontière Burkina-Benin. Il a cependant reconnu qu'il existait un problème de délimitation et de bornage d'une partie de la frontière, jusque-là non matérialisée.
En 1980, le Burkina et le Bénin ont créé une commission mixte de délimitation des frontières. Cette dernière s'est réunie dix fois et a théoriquement délimité près de 90% de la frontière commune longue de 285 kilomètres, selon le ministre. Seuls demeurent les 68 kilomètres du secteur de Kourou Koalou.
M. Sawadogo a annoncé que des rencontres au niveau ministériel sont prévues dans les prochains jours pour tenter à nouveau d'examiner la question.
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