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150 millions de dollars américains pour la création du fonds d’urgence

Jeudi, les ministres des principaux pays bailleurs ont promis de verser 150 millions de dollars américains pour créer un fonds d’urgence qui permettra aux Nations unies d’agir plus rapidement lors de situations d’urgence et de distribuer des ressources aux pays en crise, qui sont généralement les plus négligés par la communauté internationale.

Lors du sommet mondial qui s’est tenu au siège des Nations Unies à New York, les représentants de plus de vingt pays et des hauts responsables humanitaires des Nations unies se sont rencontrés pour discuter de la création d’un fonds des Nations unies pour le renforcement et l’amélioration du mécanisme d’action humanitaire (CERF), un élément clé de la réforme souhaitée par le Secrétaire général des Nations unies qui désire que davantage de fonds soient disponibles pour répondre aux urgences humanitaires.

Jean-Louis Schiltz, le ministre de la Coopération et de l’action humanitaire du Luxembourg, a annoncé aux journalistes que les Etats membres des Nations unies avaient promis de créer un fonds, qui sera opérationnel début 2006.

« Cela signifie qu’une fois mis en place, le fonds aura immédiatement de l’argent disponible. La Suède, le Royaume-Uni, la Norvège, les Pays-Bas, la Suisse et le Luxembourg contribuent à ce fonds », a-t-il déclaré. Il a également mentionné que ce nouveau fonds venait s’ajouter aux fonds d’aide existants.

La promesse de dons est la preuve de la grande volonté des principaux bailleurs de corriger les erreurs dans le financement des actions humanitaires, ces dernières étant souvent considérées comme étant trop lentes, imprévisibles, et commandées par les média.

Hilary Benn, le secrétaire d’Etat pour le développement international du Royaume-Uni, a déclaré aux journalistes que les discussions avaient porté sur les différents moyens de s’assurer que les Nations unies disposent des outils nécessaires pour accomplir leur travail.

« Le système que nous avons à l’heure actuelle est le suivant : lorsque l’incendie est déclaré, les Nations unies vont faire la quête pour récolter l’argent qui leur permettra d’acheter l’essence nécessaire aux camions des pompiers, et l’eau des citernes», a-t-il dit. « Le problème est que des incendies se déclarent dans plusieurs régions du monde en même temps, et que certains pays reçoivent davantage d’aide que d’autres. Cela est injuste et doit changer. »

Hilary Benn a ajouté que le Royaume-Uni était prêt à verser 70 millions de dollars par an. Et sa contribution pourrait atteindre 100 millions en partant du principe que son pays s’engage à verser un dollar chaque fois qu’un autre pays en verse trois. Ce serait-là une bonne manière d’inciter les autres Etats à apporter leur contribution financière.

D’autres bailleurs ont annoncé qu’ils envisageaient de participer au fonds, mais ultérieurement. Un CERF étendu pourrait fournir alors jusqu’à 450 millions de dollars américains sous forme de subventions qui complèteraient les 50 millions de dollars déjà disponibles sous forme de prêt.

Jan Egeland, le coordinateur des secours d’urgence des Nations unies, a déclaré que la rencontre de jeudi correspondait à « l’aval de nos partenaires financiers pour la mise sur pied d’un fonds central, qui était un élément clé du document final du Sommet mondial ».

« Au cours des deux années pendant lesquelles j’ai occupé les fonctions de coordinateur des secours d’urgence, j’ai été frappé par l’inadéquation de notre réponse. Nous réagissons souvent trop tard, car nous devons attendre le déblocage des fonds pour intervenir », a-t-il ajouté.

Pour Jan Egeland, la création du fonds signifie qu’une réponse d’urgence peut être envisagée en quelques jours, plutôt qu’en quelques mois. Le fonds permettra également aux Nations unies de disposer de moyens suffisants pour apporter des ressources aux régions oubliées, qui n’ont pas reçu d’aide en raison parfois du manque de couverture médiatique. Jan Egeland a cité en exemple le peu d’attention que la communauté internationale a apporté aux inondations qui ont ravagé la Guyane en janvier dernier, alors qu’elle portait tous ses efforts sur le tsunami qui a secoué l’océan indien.

Pouvoir intervenir rapidement réduirait les coûts. Lors de l’invasion des criquets pèlerins dans le Sahel, l’année dernière, il a été prouvé qu’une intervention rapide aurait pu réduire les coûts. Lorsque l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a demandé 9 millions de dollars américains pour pulvériser des pesticides sur les larves de criquets, en février 2004, sa requête n’a pas été entendue. Le montant de l’opération s’est élevé à 100 millions de dollars après que les criquets eurent envahi huit pays de la région.

Annika Soder, la secrétaire d’état suédoise à la Coopération internationale au Développement, a déclaré que son pays allait présenter la réforme devant l’Assemblée générale des Nation unies, pour que le fonds puisse être mis en place dès janvier 2006.

Selon Jan Egeland, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) gérera le fonds en collaboration avec les agences humanitaires et les coordinateurs humanitaires correspondants. Les Etats membres formeront un conseil d’administration et une conférence annuelle réunira les bailleurs pour discuter des moyens à mettre en oeuvre pour renflouer les caisses du fonds.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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