1. Accueil
  2. West Africa
  3. Liberia

Dissolution des factions armées par les anciens chefs de guerre

Les chefs des trois factions libériennes ont signé mercredi un accord les engageant à dissoudre l’aile militaire de leur mouvement et à en finir avec la violence s’ils veulent se présenter aux prochaines élections prévues en 2005.

Cet accord stipule que «les parties admettent également qu’ayant cessé d’exister en tant que forces militaires au Libéria, elles ne doivent pas posséder, ni utiliser, ni porter des armes, instruments ou machines de guerre, et ne doivent pas recourir à la force.»

«L’ancien gouvernement de l’ex-président Charles Taylor, ainsi que les deux groupes rebelles – les Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) et le mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL) – ont promis un avenir paisible pour leur pays au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée dans la capitale Monrovia, trois jours après la fin officielle du programme de désarmement supervisé par l’ONU.

«Aujourd’hui, ceux qui se sont combattus hier ont choisi d’oublier le passé. Nous ne ferons plus la guerre,» a indiqué à la presse Lewis Brown, l’ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Taylor.

Le Liberia a été ravagé par une guerre qui a opposé plusieurs factions armées entre 1989 et 1996. En 1997, un accord de paix a permis d’organiser des élections remportées par Taylor. Mais les partisans de Taylor et les forces du LURD ont repris les hostilités à partir de 1999. Le MODEL est apparu à l'est du pays au début de l’année 2003.

Conformément à un accord de paix signé en août 2003, les trois groupes peuvent choisir désormais de se constituer en partis politiques et présenter un candidat aux prochaines élections générales. L'actuel gouvernement de transition est chargé de mener le pays aux prochaines élections d’octobre 2005.

L’ancien gouvernement de Taylor a déjà un parti politique, le Parti patriotique national, grâce auquel Taylor a pu accéder au pouvoir à l’issue d’élections organisées en 1997.

Sekou Conneh, qui représentait le LURD à la signature de l’accord de paix mercredi, a indiqué que son groupe envisageait de se constituer en parti politique pour les prochaines élections.

«Nous avons engagé des discussions à ce sujet,» a-t-il précisé.

Le MODEL, petit groupe rebelle qui contrôlait une bonne partie de la région du sud-est près de la frontière de la Côte d’Ivoire, a écarté cette éventualité.

«Il y a déjà trop de partis. Nous avons un programme de réformes économiques. Nous observerons tous les candidats et soutiendrons celui qui défendra le mieux les intérêts de ce pays, a indiqué Thomas Nimely-Yaya, le chef du groupe rebelle et actuel ministre des affaires étrangères du gouvernement de transition.

Le Liberia compte actuellement 18 partis politiques reconnus et près de 30 personnes ont déjà déclaré leur intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles du pays, en candidats libres ou sous l’étiquette d’un parti politique.

Plusieurs chefs d’état africains étaient attendus à Monrovia pour la cérémonie de mercredi, mais ils ont décliné l’invitation après les émeutes de la semaine dernière qui ont fait 18 morts et une centaine de blessés.

Certains diplomates et résidents ont indiqué que ces émeutes ont été provoquées par des rebelles qui, exploitant une petite dispute au marché, ont profité de la situation pour régler des comptes.

Des civils libériens ont demandé à la Mission de l’Onu au Liberia de fouiller chaque maison pour rechercher des armes après la découverte d’armes au domicile de certains manifestants – comme Philip Kamara, l’ancien commandant du LURD – arrêtés par la police.

Le programme de désarmement au Liberia a pris fin officiellement dimanche. Plus de 95 000 ex-combattants ont été désarmés, mais seuls 27 000 fusils ont été restitués aux forces de l’ONU, soit un fusil pour quatre personnes désarmées.

Selon Jacques Klein, l’envoyé spécial de l’ONU, les forces de maintien de la paix de l’ONU poursuivront le désarmement des ex-combattants dans certaines régions reculées du Nord et du sud-est du Liberia, car le mauvais état des routes pendant la saison des pluies a rendu plus difficile la poursuite du processus dans ces régions qui abritent encore de nombreux ex-combattants.

Mais Klein a prévenu que toute personne trouvée en possession d’une arme dans les régions où le désarmement est arrivé à échéance sera traduite devant la justice libérienne.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join