Des combats entre forces dissidentes et forces loyalistes de l'armée congolaise ont affecté la région, et particulièrement la ville de Bukavu au Sud Kivu, depuis le 26 mai. La prise de la ville par des dissidents, suivie de leur départ et du retour le 10 juin des troupes loyalistes, a été accompagné par de violentes manifestations anti-onusiennes, des pillages et des exactions contre la population civile.
Selon la Mission de Nations Unies au Congo (MONUC), les installations locales des agences du Système des Nations Unies et des ONG humanitaires ont été pillées, notamment dans les provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu, du Maniema et au nord du Katanga.
Suite aux destructions et aux pillages de ces installations, OCHA a tenu le 6 juin une réunion de la communauté humanitaire locale visant à réaffirmer une identité humanitaire claire vis-à-vis des populations civiles. Les principes relatifs à l'intervention humanitaire d'urgence en RDC doivent faire l'objet d'une actualisation, rapporte OCHA.
L'aide humanitaire apportée à la population de l'est du pays comprend des programmes axés sur la sécurité alimentaire, la santé, l'eau, ainsi que l'éducation. Une trentaine d'organisations fournissent cette assistance, selon OCHA.
Mais la plupart de ces activités sont paralysées. La majorité du personnel humanitaire expatrié a été évacuée. La MONUC affirme que 193 humanitaires ont été évacués vers Goma, au nord de Bukavu. Cette évacuation prive les habitants de la province du Sud Kivu de toute assistance humanitaire, selon la Mission.
Jan Egeland, coordinateur des opérations du secours d'urgence de l'ONU, a affirmé le 11 juin que "ceux qui sont impliqués dams les affrontements récents doivent garantir l'accès des humanitaires à la population affectée".
La fermeture de sa frontière décidée par le gouvernement rwandais empêche également la circulation du personnel humanitaire entre la RDC et le Rwanda, selon OCHA, qui rapporte que les Nations Unies et la Délégation de la Commission Européenne ont entamé des discussions avec les autorités de Kigali, afin d'obtenir l'ouverture des fontines aux humanitaires.
Le Bureau du Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR) a pour sa part annoncé lundi que plus de 3.000 réfugiés congolais ont fui vers le Burundi dans les deux derniers jours. Depuis le 26 mai, 2.700 congolais ont déjà cherché refuge au Rwanda, selon cette agence.
La population du Sud Kivu reste dans le besoin urgent d'assistance humanitaire. Mais l'insécurité persistante empêche nombre d'ONG de procéder à une évaluation extensive des besoins, selon la MONUC.
Cependant OCHA rapporte que le chef de la Section Droits de l'Homme de la MONUC et la responsable des enquêtes spéciales devaient effectuer samedi une première évaluation des besoins à Bukavu. De même, l'ONG World Vision a organisé une mission à Rutshuru et à Masisi, au nord de Goma.
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