Selon le ministre de l'intérieur, Théophile Mbemba, "cette prestation de serment consacre dans les faits la réunification du pays".
"Les gouverneurs et les vice-gouverneurs viennent des composantes et entités mais désormais ils appartiennent à un corps qui est la territoriale. Ils sont là pour représenter le président de la République et le gouvernement au niveau de la territoriale, la première entité décentralisée," a affirmé à la presse M. Mbemba à la fin de la cérémonie de prestation de serment.
"Nous comptons sur leur collaboration pour renforcer la restauration de l'autorité de l'Etat," a-t-il ajouté.
La nomination des gouverneurs et de leurs adjoints mettra fin au dédoublement d'autorité dans certaines zones du pays malgré l'installation d'un gouvernement d'unité nationale, le 30 juin 2003. Dans certaines provinces, en effet, comme au Katanga (sud-ouest), au Nord-Kivu (est) et au Kasaï-Oriental (centre), deux ou trois gouverneurs dirigeaient la zone qui était placée sous le contrôle de leur mouvement armé.
"Nous sommes ravis car c'est ce que nous attendions de la part du gouvernement. Il reste maintenant encore à désigner les commissaires des districts pour que la restauration de l'Etat se concrétise dans les plus petites entités," a affirmé pour sa part, Thomas Lubanga, leader de l'Union des patriotes congolais (UPC) une des milices dans le district de l'Ituri, au nord-est.
Ce district a été le théâtre de violents affrontements inter-ethniques malgré le début de la période transitoire et le déploiement de 4.800 casques bleus. Près de 50.000 morts et 500.000 personnes déplacées ont été enregistrés dans ce district depuis 1999.
"Nous avons demandé au gouvernement de restaurer l'autorité de l'Etat. Nous ne pouvons plus nous battre car nous sommes liés par l'acte d'engagement que nous avons signé il y a de deux semaines," a déclaré depuis Bunia, chef-lieu de l'Ituri, Lonu Lomela, commissaire aux relations extérieures du Front des nationalistes intégrationnistes (FNI), un des groupes armés de ce district.
Bien que la prestation de serment à la cité de l'Union africaine, à Kinshasa, ait été saluée par quelques milliers de sympathisants, une partie de l'opposition politique et le Rassemblement congolais pour la démocratie/National (RCD-N), ont émis des protestations.
"Le RCD-N dénonce et continuera à dénoncer la tricherie au sommet de l'Etat," a déclaré à IRIN Roger Lumbala, ministre du commerce extérieur et leader du RCD-N, qui a boycotté la cérémonie de prestation de serment.
Son parti accuse en effet l'un des principaux anciens mouvements rebelles, le Mouvement de libération du Congo (MLC) d'avoir fait nommer ses membres aux postes de gouverneur et de vice-gouverneur au Kasaï-Oriental en lieu et place de ceux du RDC-N.
Par ailleurs, "aucune réunion n'a eu lieu pour que l'on nomme des membres de l'opposition non armée dans la territoriale," a dit pour sa part, Alphonse Lupumba, un opposant proche d'Etienne Tshisekedi, une figure emblématique de l'opposition depuis le régime de Mobutu.
Le ministre Mbemba a toutefois répondu: "Nous avons encore à nommer des commissaires de district. Nous pourrons tenir compte de ces revendications par la suite".
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