"Les deux pays ont mis sur pieds deux équipes conjointes de vérification dont la mission est d’enquêter sur le terrain sur toutes allégations de violation de frontières en vue d’une résolution à l’amiable," a expliqué M. Aluka.
Cette nouvelle structure a également pour fonction de vérifier et de rapporter les activités des groupes armés opérant dans les zones frontalières qui seront délimitées par une commission bilatérale de sécurité.
"Cette surveillance des frontières permettra également d’arrêter le trafic transfrontaliers d’armes et de munitions, à destination des groupes armés congolais en contact avec l’Ouganda," a-t-il ajouté.
Ces équipes conjointes de vérification, constituées de deux officiers de l’armée régulière de chaque pays ainsi que des représentants de la MONUC, ont été créées mardi dernier à Beni, dans la province du Nord-Kivu.
"La Monuc est là en tant que coordinatrice et témoin. Elle est aussi chargée de l’assistance logistique en terme de déplacement des équipes car ces dernières devront se rendre dans les 48 heures sur le lieu qui est l’objet des allégations," a dit M. Aluka.
L’Ouganda et la RDC ont signé en 2003 un accord de paix au terme duquel Kampala retirait ses 12.000 hommes qui combattaient sur le sol congolais en soutenant plusieurs mouvements rebelles au régime de Kinshasa.
Selon cet accord dont l’Angola était l’observateur, un mécanisme de surveillance conjoint des frontières devait être établi dans le but d’empêcher les incursions des factions ougandaises depuis la RDC.
"Ceci est une première étape de la mise en oeuvre de l’accord de paix entre nos pays, mais nous pourrions être amenés à déployer nos différentes troupes en cas de besoin," a affirmé Claude Salumu, secrétaire particulier du ministre congolais de la coopération régionale.
Dans le cadre du dernier accord signé à Beni, les deux pays ont convenu de tenir tous les trois mois une réunion de leur chef d’état-major de leurs armées respectives, alternativement à Kampala (capitale ougandaise) et à Kinshasa (capitale congolaise).
Les chefs de service de renseignements des deux pays se réuniront eux chaque mois, alternativement à Kasese (ouest de l'Ouganda) et à Beni.
Deux mouvements rebelles ougandais, le Nalu (National Army for Liberation of Uganda) et l’ADF (Allied Democratic Front) opèrent depuis des années dans la partie Est de la RDC, à la frontière de l’Ouganda.
"Personne ne connaît actuellement leur nombre car ils ont perdu beaucoup de leurs membres au cours des combats depuis près d’une décennie et ont, en même temps, continué à recruter dans les différents camps disséminés vers les montagnes de Rwenzori [à la frontière ouest de l'Ouganda]," a affirmé M. Aluku.
Ces factions rebelles ougandaises sont souvent accusées de commettre des violations des droits de l’homme dans cette partie. La dernière exaction remonte au 14 mai où quatre femmes violées ont été enlevées et contraintes de transporter les butins des rebelles ougandais.
Un accrochage entre des rebelles ougandais, les Nalus, et les éléments des forces armées de la RDC avait eu lieu le 11 mai à Beni.
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