Le pasteur Ntumi avait conditionné son retour à Brazzaville, en janvier dernier, par la mise en place d'un gouvernement de large union nationale, le retour des anciens dirigeants exilés, la définition de son statut et un accord avec le gouvernement sur le nombre de ses miliciens à intégrer dans l’armée, la police et la gendarmerie.
"Dans les engagements croisés pour la paix dans le Pool signés par le gouvernement et les représentants du pasteur Ntumi, il n'y a pas de formation de gouvernement de large union nationale et de retour des exilés. Nous demandons au pasteur Ntumi de revenir à ses engagements," a affirmé à la presse M. Mvouba.
Ces engagements pris le 17 mars 2003 sur la base des accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités de décembre 1999 entre les troupes gouvernementales et des groupes armés, avaient permis de restaurer une paix relative dans le Pool.
Aux termes de ces engagements de mars, le gouvernement congolais et le pasteur Ntumi s’étaient accordés pour organiser le désarmement, la démobilisation et la réinsertion de ses hommes, de favoriser la libre circulation des personnes et des biens dans le Pool, d'y restaurer l'autorité de l'Etat et de désigner un représentant du chef rebelle au haut commissariat chargé de la réinsertion des ex-combattants.
Pour favoriser le retour du pasteur Ntumi à Brazzaville, le gouvernement avait réhabilité un vieil immeuble dans le quartier de Bacongo au sud de la ville devant servir de résidence officielle.
M. Mvouba estime que le gouvernement a tenu ses engagements à 90%. "Les 10% restant concernent la réinsertion qui ne dépend pas de nous seulement," a-t-il dit.
Le gouvernement et des représentants du pasteur venaient, par ailleurs, de mettre en place deux groupes de travail chargés de la démobilisation, du désarmement et de la réinsertion des rebelles et de réfléchir au statut du pasteur, a-t-il ajouté.
"Le fait que le pasteur Ntumi soit toujours à Loukouo [à environ 200 km à l'ouest de Brazzaville, dans le département du Pool] avec des hommes armés, est une menace potentielle pour la paix", a souligné M. Mvouba.
"Une remise en cause des engagements pour la paix risque de créer une situation inexplicable qui n'est pas de nature à raffermir la paix," a encore affirmé M. Mvouba qui a exclu la reprise des violences dans le Pool.
"Ce sont des Etats faibles qui utilisent la violence contre la violence. Nous privilégions la paix et nous nous conformons aux engagements pour la paix", a dit M. Mvouba pour qui "le Congo a trop souffert pour permettre une énième guerre civile".
"L'Etat n'est pas à défier indéfiniment. Ceux qui ont tenté de le faire l'ont regretté. L'Etat aussi a une patience qui a des limites," a-t-il encore déclaré.
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