Jean Gabriel Wango, le secrétaire général du Ministère de la santé, a lancé l'appel à l'ouverture d’un salon international d'une semaine sur la médecine traditionnelle dans la capitale Ouagadougou, lundi.
"Il n'y a aucun doute que les herbes traditionnelles peuvent être utilisées pour soigner les maladies infectieuses découlant du VIH/SIDA, mais nous avons besoin d'une confirmation scientifique de la propriétés de ces plantes avant de les utiliser à une plus large échelle," a-t-il expliqué.
Le Salon International des Remèdes Naturels de Ouagadougou (SIRENA) a rassemblé les guérisseurs du Burkina Faso, du Ghana, du Mali, du Togo, du Benin, de la France et de la Chine, sous le thème : "Rôle et place de la médecine et de la pharmacopée traditionnelle dans la lutte contre les maladies opportunistes du VIH/SIDA en Afrique.”
"Les guérisseurs traditionnels se sont toujours montrés plutôt méfiants envers les praticiens modernes. Les premiers pensent toujours que ces derniers vont leur voler leurs connaissances," a fait remaqué Wango.
L'exposition se tient sous les auspices de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Programme de Développement des Nations Unies (PNUD) et l'organisation non-gouvernementale Promotion de la Médecine Traditionnelle (PROMETRA).
Une grande attention a été accordée aux guérisseurs dans la lutte contre le SIDA au Burkina Faso, depuis la tenue à Ouagadougou de la Conférence Internationale sur le VIH/SIDA et les Maladies Sexuellement Transmissibles (MST) en décembre 2001.
A ce forum, les guérisseurs avaient été invités à échanger avec les chercheurs scientifiques.
Selon l'OMS, 80 % des Africains consultent régulièrement les guérisseurs traditionnels.
Les participants à cette semaine du SIRENA ont déclaré que les médecins traditionnels pourraient jouer un role-clef, en aidant à renforcer la cohésion sociale pour les personnes vivant avec le SIDA dans leurs communautés, parce que les guérisseur eux-mêmes étaient très respectés.
"Il y a eu beaucoup de progrès dans l'utilisation des plantes traditionnelles, en particulier concernant leur appelation, les indications sur leurs effets secondaires et la posologie," a indiqué Marc Olivier, le premier responsable de Pharma, un projet français qui apporte son conseil à quelque 300 guérisseurs burkinabés dans le développement et la récolte des plantes médicinales.
"Ces médicaments sont vraiment effectifs et les gens croient réellement en ces guérisseurs. Ce sont les problèmes qui poussent les gens à consulter les guérisseurs avant de se rendre à l'hôpital, indépendamment du facteur coût," a ajouté Olivier.
Le Burkina Faso a déjà accueilli un centre de soins soutenu par l'OMS où des personnes vivant avec le VIH/SIDA sont soignées au moyen de la médecine traditionnelle.
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