"Il y a certains durs qui ne veulent pas rentrer au Rwanda et qui mettent des freins ainsi que des obstacles militaires pour empêcher des combattants volontaires [au rapatriement] de sortir des forêts en vue d'être rapatriés," a déclaré M. Touré.
Les propos du porte-parole confirment ceux du ministre rwandais des affaires étrangères, Charles Mulingade, lundi à Kigali, la capitale du Rwanda. Le ministre a pris connaissance de la situation par le chef de la MONUC, William Swing, qui a informé à Kigali, le président rwandais Paul Kagame, des derniers développements du processus de paix en RDC et de la situation du rapatriement des Rwandais.
Selon lui, ces extrémistes sont pour la plupart membres des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un mouvement interdit d´activité sur le sol congolais par Kinshasa et considéré par lui comme "personae non grata".
"Ils [les extrémistes rwandais hutus] ont installé un poste de contrôle à la sortie de la forêt, ils menacent et mènent des propagandes pour décourager les volontaires en leur disant qu'ils ne seront pas en sécurité une fois rentrés au Rwanda," a expliqué M. Touré.
La MONUC s´occupe depuis près de deux ans du rapatriement volontaire de combattants rwandais et de leurs dépendants en exil en RDC. Le nombre de rapatriés a par ailleurs augmenté depuis le retour au Rwanda en novembre 2003 du principal commandant rebelle, Paul Rwarakabije.
Depuis le début, il y a deux ans, du programme de DDRRR (démobilisation, désarmement, rapatriement, réinsertion et réinstallation) des groupes armés étrangers, 5.O56 personnes ont été rapatriées. Les combattants et leurs familles sont estimés à 14.000 en RDC.
Les ONG ont souvent critiqué la lenteur du processus, à l´instar de l´ancien commandant des forces de la MONUC, le général Mountaga Diallo
Un contingent sud-africain de la MONUC a été déployé depuis près de six mois dans cette partie du territoire afin de sécuriser le personnel des Nations Unies chargé de convaincre les combattants rwandais vivant encore dans des forêts congolaises de retourner chez-eux. Les extrémistes hutus ont néanmoins bloqué les tentatives de la MONUC d´entrer en contact avec les personnes dans les forêts, a affirmé M. Touré. Cependant, M. Muligande a déclaré à la presse que des démarches avaient été entreprises, à travers des messages radiophoniques et des tracts lâchés par les airs, pour informer les otages qu´ils pouvaient rentrer en toute sécurité au Rwanda.
De nombreux Hutus avaient fui le Rwanda en 1994, après que des Hutus extrémistes aient tué près de 800.000 Tutsis et Hutus modérés.
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