annoncé jeudi Leocadio Salmeron, porte-parole de la MONUC dans cette ville. Bunia est le chef-lieu de l'Ituri, une région du nord-est de la RDC particulièrement secouée par des violences interethniques.
"Les attaques venaient des faubourgs où résident les responsables de l'UPC [l'Union des patriotes congolais, un groupe armé Hema] mais aussi du quartier sud de Yambi, habité en majorité par les Lendu, ethnie rivale aux Hema," a expliqué M. Salmeron. Les échanges de tirs ont duré de 20 heures
30 à 23 heures 30, a-t-il précisé.
Un blessé a été dénombré parmi les observateurs militaires des Nations Unies alors qu'aucun bilan des victimes n'est connu du côté des groupes armés.
"Un observateur militaire de nationalité bangladeshie a été atteint par balle à la jambe," a affirmé M. Salmeron.
La MONUC n'a pas, pour l'heure, déterminé clairement l'identité des
agresseurs.
"Des tirs ont éclaté de toutes parts dans la ville jusqu'à quatre heures du
matin. Les assaillants se sont attaqués à la résidence du coordonnateur de l'administration locale. Des chars et des véhicules blindés de la MONUC ont patrouillé durant toute la nuit," a raconté Piet Kanyinda, patron d'un hôtel situé à proximité du quartier général de la MONUC à Bunia.
Selon le secrétaire particulier de l'administrateur intérimaire de l'Ituri, Deogratias Amandiyo, l'UPC s'est attaquée au quartier général de la MONUC et à la résidence de l'administrateur intérimaire après le refus de la MONUC d'autoriser la tenue d'une réunion convoquée par le groupe armé.
L'UPC voulait, en effet, organiser une réunion mercredi dernier. Elle avait
reçu l'autorisation écrite de l'administrateur intérimaire Emmanuel Leku. La MONUC avait, quant à elle, refusé la tenue de la réunion. "Toutes les réunions publiques sont pour l'instant interdites," avait déclaré M.
Salmeron.
Le commandant Rafiki Saba, responsable de sécurité de l'UPC à Bunia, a néanmoins déclaré: "Les autres groupes armés se sont organisés et la MONUC les a laissés faire mais elle refuse que nous nous organisions pour devenir un parti politique."
La MONUC avait, par ailleurs, récupéré la veille 13 armes légères et un
lance-roquette lors d'une opération de ratissage dans le cadre du programme
"Bunia sans armes" lancé par la mission onusienne.
La situation sécuritaire dans cette partie de la RDC est devenue
préoccupante pour les travailleurs humanitaires opérant dans la région.
"Une réunion a été convoquée par la MONUC pour envisager éventuellement le
retrait de certains membres du personnel," a déclaré un responsable
humanitaire dans la région.
"Pour le moment, la situation semble être redevenue calme, car depuis 3
heures du matin la MONUC a repris le contrôle de la situation. Mais si une nouvelle situation semblable se produisait, nous serions bien obligés
d'évacuer," a déclaré à l'IRIN Seraphin Kazadi, coordonnateur du Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) à Bunia.
Cette attaque est la deuxième essuyée par la MONUC depuis le 1er septembre, date à laquelle elle a succédé à la Force multinationale intérimaire d'urgence à Bunia.
Cette force, composée de contingents européens et commandée par la France,
avait été mandatée, au mois de juin, par le Conseil de Sécurité pour
sécuriser Bunia et son aéroport en raison des violents combats
interethniques entre Hema et Lendu.
La MONUC l'a remplacée le premier septembre. En vertu de la résolution 1493 du 28 juillet 2003 adoptée par le Conseil de Sécurité sous le chapître sept de la Charte de l'ONU, elle dispose d'un mandat élargi. Elle est désormais autorisée à recourir à la force pour protéger le personnel humanitaire et la population civile sur l'ensemble de l'Ituri. [voir "La MONUC se déploie en dehors de Bunia" sur http://www.irinnews.org/frenchreport.asp?ReportID=5023]
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