La police s'est introduite dans la maison de Mohamed Khouna Ould Haidallah lundi, sur des informations accusant M. Ould Haidallah et ses partisans d'y cacher des armes, dans le but de saboter le scrutin du vendredi.
Cependant des sources, témoins de l'opération, ont raconté que les 7 heures de perquisition de la maison n'ont rien donné. “Ils veulent juste créer le trouble," a signalé à IRIN, mardi, le professeur Ely Ould Sneiba, porte-parole de M. Haidallah. "C'est de la provocation. Nous pensons que c'est irresponsable et antidémocratique."
Pr. Ould Sneiba a instamment demandé aux autorités mauritaniennes de laisser le jeu démocratique se faire.
Le raid de la police a été le premier incident majeur de ces deux semaines de campagne électorale, qui prend fin mercredi à minuit. Il y a eu, toutefois, des incidents portant sur des lapidations, orchestrées par les supporters du Parti Républicain Démocratique et Social (PRDS) du Président Maaouiya Ould Taya. M. Ould Taya a lui-même bénéficié d'une plus grande couverture radio-télévisée pendant la campagne.
La campagne électorale intervient dans un contexte difficile pour le titulaire du fauteuil présidentiel. M. Ould Taya a déjoué une tentative de coup d'état en juin. Le gouvernement a, par la suite, organisé des rafles de certains membres du clergé musulman, accusés de soutenir les putschistes. Des douzaines de personnes ont été arrêtées dans le même temps, et sont en attente de jugement.
M. Haidallah, 72 ans, est un ancien Colonel de l'armée qui a été Président de la Mauritanie de 1980 à 1984. Il entend remplacer par les urnes, l'homme qui l'a renversé par un coup d'état militaire il y a 19 ans. Depuis lors, il est apparu comme le favori de l'opposition.
M. Ould Taya, 62 ans, a dirigé la Mauritanie d'une main de fer, changeant avec le temps, sa politique d’allégeance à Saddam Hussein pour George Bush.
Cinq candidats dont la première femme ayant jamais postulé, Aicha Mint Jiddana, comptent ravir le fauteuil présidentiel à M. Ould Taya, qui cherche à étendre son règne par un nouveau mandat. Parmi eux, figure Ahmed Ould Daddah, le frère du premier Président du pays décédé le mois dernier, Moktar Ould Daddh.
Si aucun d'entre eux n'atteint plus de 50 % des votes au premier tour, il y aura un second tour final qui opposera les deux candidats en tête du scrutin, deux semaines plus tard.
La Mauritanie, un pays désertique sujet à une insécurité alimentaire chronique, a obtenu son indépendance de la France en 1960. Avec un territoire de 1.000.000 km2, et une population de faible densité de 2.5 millions d'habitants, la Mauritanie a institué sa propre monnaie, le Ouguiya, dont la plus grande valeur correspond au cours de $5 US en 1973.
En 1981, la Mauritanie a officiellement aboli l'esclavage et 10 ans plus tard, a adopté l'Islam comme religion d'Etat. Son armée a joué un rôle principal dans la politique du pays, depuis le renversement de son premier Président par un coup d'état en 1978.
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