"A l'heure actuelle, nous ne savons pas si les combats ont cessé ou s'ils continuent," a déclaré à l'IRIN, depuis Kinshasa, la capitale, Hamadoun Touré, le porte-parole de la MONUC.
Les combats opposeraient la milice Mayï-Mayï commandée par Nakiliba et les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) dans le secteur de Ngando, à une dizaine de km du centre de Mwenga.
Selon un des représentants Mayï-Mayï à Kinshasa, la situation était calme mais tendue lundi matin.
"Ces gens voulaient violer nos femmes et piller nos villages, mais ils ont rencontré la résistance de nos troupes," a expliqué à l'IRIN le colonel Emmanuel Mapenzi, de la nouvelle armée unifiée, issu de la milice Mayï-Mayï.
D'autres sources sur le terrain ont toutefois indiqué à l'IRIN que le FDLR avait obligé les Mayï-Mayï à se retirer de Mwenga.
Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) a, pour sa part, estimé le nombre de déplacés internes, entre 2.000 et 4.000 personnes. Ces dernières cherchent refuge dans le centre de Mwenga. Certaines d'entre elles sont hébergées dans des familles d'accueil. Les autres se sont installées dans les sites mis à leur disposition par les autorités locales.
Les agences humanitaires, selon OCHA, sont débordées par les flux massifs des déplacés. Elles s'efforcent néanmoins de répondre aux besoins de ces personnes.
La région de Mwenga était durant la guerre sous le contrôle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), un ancien mouvement rebelle. A l'instar des milices Mayï-Mayï, ils font tous les deux partie du gouvernement d'unité nationale et de la nouvelle armée unifiée.
A la suite de la passation d'accords de paix, au courant du mois d'octobre, entre ces deux anciens ennemis, près de 50 miliciens de Nakiliba auraient rejoint les forces du RCD-Goma.
Des combats entre les forces de Nakiliba et du FDLR avaient, par ailleurs, déjà été rapporté au début de la semaine dernière, dans la région de Bunyakiri (province du Sud-Kivu). Des milliers de civils avaient été déplacés alors que le nombre de blessés et de morts n'est pas encore connu.
Les éléments du FDLR et les autres combattants étrangers opérant en RDC sont estimés à environ 14.000 hommes.
D'autres combattants rwandais sont réputés intervenir en RDC: les Interahamwe (une milice Hutu) et les ex-FAR (l'ancienne armée rwandaise). Les deux ont activement participé au génocide rwandais de 1994. Environ 800.000 Tutsis et Hutu modérés avaient été tués.
Les autorités congolaises, se sont toutefois engagées vendredi dernier, à déraciner les rebelles Hutu rwandais dans l'Est de la RDC, dans le but de normaliser les relations entre les deux pays.
"Nous avons besoin d'ouvrir un nouveau chapitre concernant les relations entre nos deux pays," a déclaré, Mbusa Nyamwisi, le ministre de la coopération régionale, à l'occasion d'une conférence de presse dans la capitale rwandaise, Kigali.
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