"Sur 24 tests effectués, 15 ont révélé la pathologie de la dysenterie Schigella," a affirmé le docteur Antoine Talarmin, le directeur de l'Institut Pasteur. Les techniciens des laboratoires de l'Institut, des représentants de Médecins Sans Frontières (Espagne) et de l'ONG Cooperazione Internazionale (COOPI), se sont rendus, entre le trois et le huit octobre, dans les villages de Gouze, Lemouna et de Pende pour identifier la maladie. Ces localités se situent toutes dans une zone à 384 km au nord-ouest de Bangui.
"Il s'agit sans nul doute d'une épidémie. Toutes les personnes testées positivement présentent la même pathologie," a affirmé le docteur Talarmin. Selon lui, la cause de l'épidémie réside dans la consommation d'une eau non potable. L'Institut, a-t-il poursuivi, a effectué des tests sur l'eau qui a besoin d'être purifiée.
Cette maladie résiste aux antibiotiques ordinaires et peu onéreux comme par exemple les bactrims et les ampilicims. Un remède plus fort et plus cher, comme la Ciprofloxacin, est nécessaire pour éradiquer l'épidémie, a estimé le docteur Talarmin.
Ce médicament a déjà commencé à être livré par les ONG aux centres de santé, alors que les traitements ont aussi débuté, a affirmé mercredi à l'IRIN Ignace Soler, un représentant de MSF. Une équipe d'évaluation de MSF effectuera, jeudi, une visite des villages affectés par l'épidémie et distribuera ce médicament, a poursuivi Ignace Soler.
Le Nord avait reçu des médicaments de l'Office d'aide humanitaire de la commission européenne(ECHO) par l'intermédiaire de COOPI depuis le mois de juin. Les centres de santé dans les villages touchés par la maladie avaient été aidés par COOPI au cours de la seconde moitié du mois de septembre. Près de 300 individus souffrant de la diarrhée avaient été enregistrés, a expliqué Massimiliano Pedretti, le représentant de COOPI en République Centrafricaine.
Plusieurs cas de maladies liées à la consommation d'une eau impropre avaient été signalés dans le pays à la suite de l'interruption, en octobre 2002, de la distribution d'eau potable par la Société de distribution des eaux en Centrafrique (Sodeca). Ses équipements avaient, en effet, été pillés et endommagés au cours de la guerre d'octobre 2002 à mars 2003.
Avec l'aide du Comité International de la Croix Rouge, la Sodeca a pu reprendre ses activités dans certaines régions. Depuis le mois d'octobre, les habitants de Bozoum et des alentours reçoivent à nouveau de l'eau potable ce qui devrait aider à maîtriser l'épidémie.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions