A Gbarnga, à 150 km de Monrovia, les commandants locaux des Liberiens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie (LURD) obligeaient les femmes à récolter le riz des rizières appartenant aux autochtones pour le LURD en général, a dépeint le Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA).
Des rapports ont été produits sur une pénurie de nourriture prévalant aux alentours de Gbarnga, ainsi que sur des personnes qui seraient mortes de disette, a indiqué OCHA dans son dernier rapport de situation sur le Liberia. «De sérieuses dérives des droits de l’Homme existent," a commenté l’agence humanitaire de l’ONU.
OCHA a rapporté les dires des agences de secours en affirmant que le Mouvement pour la Démocratie au Liberia (MODEL) qui détient le Sud et l’Est du Liberia, utilisait également les civils comme une main d’œuvre servile dans la ville côtière de Buchanan.
L’agence de l’ONU n’a donné aucun détail, mais a décrié que : « les intimidations continues et les abus des droits de l’Homme par les groupes armés, mis en relief au cours de récentes missions effectuées à Buchanan et Gbarnga doivent cesser. »
Buchanan, une cité portuaire située à 120 km au sud-est de Monrovia, est la deuxième ville du Liberia. Les combattants du MODEL y avaient refusé l’accès aux troupes ouest-africaines de maintien de la paix qui devaient en assurer la sécurité, les forçant à établir leur base en dehors de Buchanan. Les rebelles ont restreint la liberté des civils en leur interdisant de quitter la ville, qui abrite une population de déplacés estimée à 32 000 personnes.
Dans l’intervalle, OCHA a signifié depuis Conakry, que les récents affrontements entre les forces du LURD et du gouvernement avaient poussé 5 500 civils à fuir vers la Guinée, entre le 29 août et le 18 septembre.
L’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a déclaré que 2 000 Libériens en fuite étaient récemment arrivés dans le Sud de la Guinée, dans la ville de Fassankoni.
Les agences de secours avaient déjà annoncé que 50 000 personnes avaient fui les mêmes combats du sud vers les villes libériennes de Salala, Kakata et vers la capitale Monrovia. Elles ont cependant repris le chemin du retour depuis le déploiement des forces ouest-africaines dans la région.
Les autorités des Nations-Unies à Abidjan, ont informé lundi qu’une mission inter-agences devait se rendre de la Côte d’Ivoire à la ville libérienne de Zwedru, sous domination des rebelles du MODEL, pour évaluer la situation humanitaire dans la partie orientale du Liberia.
Médecins sans frontières (MSF) et le Comité International de la Croix Rouge (CICR) ont déjà organisé une expédition similaire à Zwedru, ville proche de la frontière ivoirienne. Le CICR a informé qu’il avait l’intention d’y installer une base.
A Monrovia, les milices du gouvernement ont attaqué et battu un journaliste libérien vendredi nuit. Caesar Padmore, rédacteur au service sport du journal ‘L’Analyste Indépendant’ a raconté à IRIN : « Ils se sont mis à me fouetter après m’avoir identifié comme un journaliste de ‘L’Analyste Indépendant’. Ils m’ont menacé d’un revolver et m’ont volé 250 dollars libériens (moins de 5 dollars US) que j’avais sur moi. Ils sont partis avec mon téléphone portable. »
‘L’Analyste Indépendant’ est un journal qui avait une opinion très critique vis-à-vis du régime de l’ancien Président Charles Taylor, maintenant en exil au Nigeria, et avait été fermé par le gouvernement l’an dernier. Hassan Bility, son Rédacteur en chef, avait été détenu pendant 5 mois avant d’être autorisé à quitter le pays pour les Etats-Unis d’Amérique.
Les résidents de Robertsville, un village des banlieues du nord de Monrovia, s’étaient entre-temps plaints du harcèlement dont ils étaient victimes de la part d’une unité très redoutée de la milice gouvernementale ces derniers jours.
L’un d’eux, Révérend James Railey, a décrit aux journalistes : « les miliciens ’Wild Geese’ sont entrés dans le village, ont battu farouchement les villageois, ont pillé la nourriture et extorqué de l’argent. Ce qui a poussé 75 villageois à quitter le village en direction de Monrovia pour trouver refuge. »
Les ’Wild Geese’ ont été accusés 2 semaines auparavant du kidnapping de 15 personnes de Todee, une ville située à 40 km au nord de Monrovia. Les disparus n’ont toujours pas réapparu.
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