La déclaration a eu lieu la veille du cinquième anniversaire du déclenchement de la guerre du 2 août 1998 où les rebelles, aidé par l'Ouganda et le Rwanda, avait tenté de renverser de régime du défunt président Laurent-Désiré Kabila.
Le leader du RCD-Goma, Azarias Ruberwa, un des quatre vice-présidents du nouveau gouvernement transitoire, a déclaré vendredi lors d'une conférence dans la capitale, Kinshasa, que son mouvement est prêt à accepter le contrôle des deux régions militaires qui lui avaient été proposées dans un plan de la Commission de suivi du dialogue intercongolais.
"Nous offrons à la Commission de suivi du dialogue intercongolais et au peuple congolais la possibilité de trouver une solution palliative. Si la paix l'exige, nous acceptons le contrôle des deux régions militaires," a affirmé Azarias Ruberwa.
Le RCD-Goma s'était initialement opposé à la répartition proposée par la Commission de suivi. Il avait fait appel au Comité international d'accompagnement de la transition pour résoudre le différend. Il menaçait encore de solliciter l'arbitrage du Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan.
Selon cette répartition, l'ancien gouvernement a en charge trois régions militaires. Le RCD-Goma et le Mouvement de libération du Congo (MLC) ont le contrôle de deux régions. Le RCD-Kinsangani et le Mouvement de libération (RDC-K/ML), le Rassemblement Congolais pour la Démocratie-National (RCD-N) ainsi que les milices traditionnelles Mayi Mayi ont, enfin, la gestion d'une région militaire chacun.
En échange de cette concession, Ruberwa souhaite néanmoins avoir au sein des autres régions militaires certains de ses officiers en tant qu'adjoints au commandement.
Il demande également au gouvernement de prendre des décisions rapides pour l'arrêt des affrontements dans l'Est du pays, entre son mouvement et les milices traditionnelles Mayi Mayi, prétendument soutenues par les rebelles burundais des Forces pour la défense de la démocratie (FDD).
"Ce matin encore des affrontements se poursuivaient. Il faut que le gouvernement d'union nationale au sein duquel nous nous trouvons puisse arrêter ses combats. Le Kivu est au Congo ce que le coeur est à l'homme. Si on ne le soigne pas, le pays ira à la dérive," a déclaré Ruberwa.
Le vice-président Ruberwa a, par ailleurs, appelé le gouvernement à trouver une solution aux affrontements en Ituri. Une délégation de trois ministres avait été envoyée, vendredi dernier, pour accompagner William Swing, le représentant spécial de Kofi Annan, dans une mission de paix.
"Il faut que nous envisagions des solutions pour ces groupes armés qui ne sont pas signataires des accords de paix qui engagent tout le reste du pays [...] S'il faut leurs attribuer des postes, le gouvernement devra le faire," a déclaré Ruberwa.
Une des plus importantes milices en Ituri, L'Union des patriotes congolais, est une alliée du RCD-Goma.
Les groupes armés à caractères ethniques qui combattent en Ituri ne sont pas signataires de l'accord de partage du pouvoir. Ils ne participent donc pas au gouvernement d'union nationale, installé le 30 juin dernier. Ce nouveau gouvernement transitoire est dirigé par le président de la RDC, Joseph Kabila. Il est secondé par quatre vice-présidents issus de l'ancien gouvernement de Kabila, du RCD-Goma, du MLC et de l'opposition politique non armée et de la société civile.
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