Cette délégation spéciale, conduite par le ministre de l'intérieur, des affaires étrangères et de la défense, a pour mission "d'apporter un message de paix et de réconciliation et de démontrer la détermination du gouvernement de mener jusqu'au bout le processus de paix sur l'ensemble du territoire".
La décision a été prise par le président Joseph Kabila et ses quatre vice-présidents à la suite d'une réunion, mercredi dernier, sur la situation dans le Nord-Est de la RDC.
Les combats en Ituri se poursuivent malgré le déploiement de 1500 hommes de la Force Internationale Intérimaire d'Urgence pour la protection de Bunia et de son aéroport.
Six personnes ont été sauvagement lapidées par la population en colère, mardi dernier à Bunia, a indiqué mercredi Leocadio Salmeron, porte-parole de la MONUC, la mission des Nations Unies au Congo.
"Le personnel de la Croix Rouge a ramassé les corps de cinq hommes identifiés comme appartenant à l'ethnie Lendu, le sixième était une femme de l'ethnie Nande" a précisé le porte-parole de la Monuc.
"Les raisons de ces lapidations ne sont pas encore connues mais l'appartenance à telle ou telle ethnie n'est peut-être pas étrangère aux événements", a ajouté Leocadio Salmeron.
Selon le témoignage des ONG et des habitants en Ituri, 150 personnes environ ont encore été tuées le week-end dernier à Fataki, Nizi et Drodro, lors d'affrontements entre des combattants de l'Union des Patriotes Congolais (UPC) et ceux du Front des Résistants pour la Protection de l'Ituri (FRPI). Ces deux groupes sont respectivement dominés par les Hema et les Lendu.
John Tinanzabo, secrétaire général de l'UPC, a accusé les combattants Lendu d'avoir perpétré les massacres des populations Hema dans ces localités alors que les Lendu accusent les Hema.
Selon Labu Mbuba, un des notables Lendu revenu dans la région une semaine auparavant, l'UPC fuyait une contre-attaque du FRPI après que les Hema aient pillé et tué dans la localité de Nizi.
"Les combattants ne faisaient que pourchasser les militaires de l'UPC. Les affrontements ont causé des victimes dans les deux camps et parmi la population civile", a dit Labu Mbuba.
Selon lui, les armes continuent à circuler à Bunia malgré l'opération "Bunia sans armes" lancée par la force multinationale Artémis dont le mandat expire le premier septembre prochain.
La force de la Monuc, dont le mandat a été modifié par la résolution 1493, votée lundi dernier par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, prendra le relais de la force intérimaire d'urgence.
"En plus de la mission d'observation que nous assumons déjà, nous allons pouvoir, grâce à cette résolution, protéger les populations civiles", a déclaré mercredi dernier, William Swing, le représentant spécial de Kofi Annan au Congo.
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