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La CEDEAO convoque un sommet sur le Liberia tandis que les troupes nigérianes se préparent

Les efforts diplomatiques tendant à garantir un cessez-le-feu au Liberia et à favoriser le déploiement rapide des soldats nigérians, détachement d'avant-garde de la force internationale de stabilisation, sont passés à la vitesse supérieure mercredi, mais de lourds combats continuaient sur le terrain.

Le général nigérian Festus Okonkwo, nommé à la tête de la force multinationale, s'est rendu à Monrovia, conduisant une équipe de reconnaissance militaire de douze membres censée préparer l'arrivée en fin de semaine de deux bataillons nigérians d'environ 1 500 hommes.

"Ils sont partis sur la base des assurances fournies tant par le gouvernement libérien que par les rebelles que leur sécurité est garantie à Monrovia ", a expliqué à IRIN un diplomate ouest-africain dans la capitale ghanéenne Accra. " Sur la base de cette évaluation, l'approbation du déploiement pourrait être donnée vendredi et les troupes de maintien de la paix s'y rendraient immédiatement ".

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui fournit des troupes pour la force d'intervention, a annoncé de son côté qu'elle envisageait de convoquer d'urgence un sommet à Accra jeudi. Les pourparlers de paix entre le président libérien Charles Taylor et les deux mouvements rebelles se déroulent depuis deux mois au Ghana.

A New York, le Secrétaire-Général de l'ONU, Kofi Annan, s'est déclaré profondément préoccupé par la " détérioration dramatique " de la situation au Liberia et a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à dépêcher, aussitôt que possible, une force multinationale de maintien de la paix dans ce pays ouest-africain ravagé par la guerre. Il a préconisé que le Conseil de sécurité attribue à la force un " mandat solide " pour qu'elle ait de " réelles capacités de dissuasion ".

Le sous secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines, Walter Kansteiner, est parti pour Conakry et doit avoir des entretiens avec le gouvernement guinéen et avec la direction du mouvement rebelle Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) qui combat depuis deux semaines pour s'emparer de la capitale, Monrovia.

M. Kansteiner ferait pression sur la direction du LURD pour que le mouvement rebelle respecte le cessez-le-feu à Monrovia, ce qui permettrait le déploiement rapide des soldats internationaux de maintien de la paix dans la ville éprouvée, dont la population d'1 million d'habitants, est quasiment privée de nourriture.

Le commandement du LURD est basé à Conakry, et la Guinée est largement considérée comme le principal appui au mouvement rebelle qui se bat depuis quatre ans pour chasser M. Taylor du pouvoir.

Les combats se sont poursuivis mercredi à Monrovia, en dépit d'un nouveau cessez-le-feu annoncé par le LURD mardi. Sa dernière offre de trêve a été rejetée par le gouvernement depuis que le LURD a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de se retirer du port stratégique de Monrovia qu'il occupe depuis une semaine.

Une personne a été tuée par des grenades… lancées par les troupes loyalistes contre des positions rebelles dans les faubourgs occidentaux de Monrovia. Le chef de l'état-major de l'armée, le général Benjamin Yeaten, a déclaré à la presse que les forces du LURD avaient encore une fois tenté de franchir les ponts à partir de l'île de Bushrod, où est situé le port, en direction du centre-ville tenu par le gouvernement.

"Les combats sont toujours intenses ici ", a confirmé M. Yeaten à l'Associated Press. "Nous avons de farouches échanges de tirs avec les forces ennemies ".

Les forces gouvernementales sont également acculées sur deux autres fronts à l'intérieur du pays.

Des sources proches du ministère de la Défense ont indiqué que les troupes de M. Taylor n'avaient pas réussi à reprendre la ville portuaire de Buchanan, tombée lundi aux mains du deuxième groupe rebelle, le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL). Les forces du MODEL progressent à présent de Buchanan, à 100 km au sud-est de Monrovia, vers l'aéroport international de Robertsfield, ont-elles ajouté.

Les sources ont indiqué que les forces gouvernementales se battaient également, pour la troisième journée consécutive, contre des combattants du LURD pour le contrôle de Gbarnga, une ville se trouvant à 120 km au nord-est de la capitale.

Les agents humanitaires estiment qu'entre 200 000 et 300 000 personnes ont fui leurs foyers à Monrovia, à cause des hostilités. Beaucoup se dirigent maintenant vers la ville d'Harbel, où est située la plantation Firestone de caoutchouc, près de l'aéroport international de Robertsfield.

Un correspondant d'IRIN qui a pu visiter Harbel mercredi, a confirmé que les déplacés affluaient de Buchanan. Samuel Browne, le président de la Commission libérienne pour les réfugiés, le rapatriement et la réinstallation, a informé que plus de 20 000 civils désespérés se sont réfugiés à Harbel, qui se trouve à mi-chemin entre les deux ville. " Il est très difficile de fournir un chiffre précis pour le moment car les gens arrivent chaque jour par centaines du comté de Grand Bassa (où est située Buchanan)", a-t-il indiqué à IRIN.

Selon des diplomates à Accra, M. Kansteiner, responsable de la politique étrangère américaine en Afrique, devait assister au sommet de la CEDEAO jeudi à Accra, à l'issue de ses entretiens avec les dirigeants guinéens à Conakry.

"J'espère qu'il [Kansteiner] va ...réaffirmer qu'à notre avis, il faut que tous les Etats voisins prennent des mesures pour qu'aucun ravitaillement ou appui ne parvienne aux rebelles à partir des pays voisins ", a déclaré mardi à des journalistes à Washington le porte-parole du Département d'Etat Richard Boucher.

"Nous avons de bonnes raisons de croire que ces rebelles reçoivent leur ravitaillement de quelque part. Ils ont des armes, des balles, et d'autres armes. Tout ceci provient de quelque part et il ne l'obtiennent pas des canaux officiels… ils viennent des Etats voisins. Nous devons donc dire aux Etats voisins de faire tout ce qu'ils peuvent pour empêcher ce ravitaillement et cet appui ", a-t-il ajouté.

Tandis que le Nigeria s'apprête à diriger une force internationale de stabilisation au Liberia, il existe encore un grand point d'interrogation quant à la question de savoir qui subventionnera cette opération coûteuse.

En début de semaine, le président nigérian Olusegun Obasanjo a souligné qu'alors que le Nigeria et ses partenaires de la CEDEAO étaient à pied d'œuvre pour fournir le gros des troupes nécessaires, il incombait à la conmunauté internationale de financer leur déploiement.

Les responsables de la CEDEAO estiment qu'il faudrait 110 millions de dollars pour déployer une foce de 5 000 hommes au Liberia pour une période de six mois, mais pour l'heure, les Etats-Unis, qui résistent à la pression internationale les exhortant à envoyer des forces au Liberia, n'ont offert que dix millions de dollars.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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