En présentant à Nairobi (Kenya) son dernier rapport sur la situation de la région de l'Ituri, MSF a exprimé ses inquiétudes concernant le niveau de l'aide humanitaire accordé aux civils à Bunia, le chef-lieu de l'Ituri, et dans les régions périphériques dans lesquelles les combats inter-ethniques ont provoqué, dans les derniers mois, le déplacement de milliers de civils.
Le rapport, "Ituri : Promesses Non Tenues ? Un semblant de protection et une aide inadéquate" a été rédigé sur la base de témoignages recueillis, du mois de mai au mois de juin, par le personnel de MSF à Bunia et à Beni. La ville de Beni est située à 150 km au sud de Bunia. Elle a accueilli des milliers de déplacés internes fuyant les combats.
Une réunion du Conseil de Sécurité est prévue pour la semaine prochaine, qui décidera du prochain rôle de la mission actuelle des Nations Unies, en RDC (MONUC).
Les violences ont éclaté à Bunia au mois de mai après le retrait des troupes ougandaises qui occupaient la ville. Les combats inter-ethniques entre les mois de mai et de juin ont fait au moins 350 victimes. MSF estime le nombre des déplacés internes à 200 000.
La force internationale intérimaire d'urgence, placée sous le commandement de la France, a été déployée le 30 mai dernier en renfort de la Monuc. Sa mission est de sécuriser la ville de Bunia et sa population, ainsi que l'aéroport. Son mandat s'achèvera le 1er septembre.
MSF a rajouté qu'après le début du déploiement de la force multi-nationale en juin à Bunia, plusieurs médias ont annoncé que la ville était sécurisée.
Cependant, le directeur de la communication de MSF, Michel Clerc, a affirmé : "La violence et l'insécurité sont encore une réalité pour la population de Bunia. Toutes les mesures adoptées jusqu'à présent se sont révélées inefficaces"
Il a ajouté : "Seule une partie de la ville est sécurisée. Le nord et l'est ne le sont toujours pas aujourd'hui. Des meurtres et des intimidations continuent d'y être commis la nuit".
MSF a rapporté que les 15 000 personnes qui sont revenues, ces dernières semaines, vivent actuellement dans deux camps près de la ville, par crainte des violences, des harcèlements et des intimidations de la part des miliciens qui, même s'ils ont été désarmés par la force internationale, continuent de visiter les maisons la nuit, en menaçant les civils.
"Dire que la ville de Bunia est sûre, est faux", a avancé Clerc.
Il a ajouté que cette assertion a eu des effets nuisibles sur la population civile qui continuent à manquer de nourriture, d'assistance médicale et d'abris.
Un poste médical a été installé par MSF à cinq kilomètres environ au sud de Bunia, où le personnel de MSF pourvoit aux besoins médicaux de la population. Un hôpital improvisé a été ouvert dans la ville. MSF a récemment effectué 500 opérations chirurgicales sur les blessés et des malades, dit Clerc.
La directrice adjointe de la mission de MSF dans l'Est de la région de Goma, Hilary Bower, a précisé, qu'en dépit des changements politiques intervenus en RDC (installation d'un gouvernement de transition), la situation à Bunia et dans les régions de l'Est et Nord-Est n'a pas évolué.
Elle a constaté que la violence et l'insécurité persistaient, même si la région était considérée comme pacifiée. Elle a rajouté que des hommes armés, allant des bandits aux militaires, continuaient de piller les propriétés des civils, de recruter des enfants dans leurs rangs, de violer femmes et enfants et d'assassiner des civils.
"C'est une guerre contre les civils. Ce n'est plus une guerre avec des victimes civiles", a-t-elle dit.
Le rapport de MSF est disponible sur le site : htpp://www.paris.msf.org/
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