La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a fait savoir mercredi que cette organisation régionale phare déploierait dans les prochains jours deux bataillons à Monrovia, la capitale libérienne ravagée par la guerre, mais les responsables nigérians se sont abstenus de donner une date spécifique concernant l'arrivée des soldats. Le Ghana et le Mali ont également consenti à envoyer des troupes.
"La communauté internationale est supposée s'y associer et nous attendons sa contribution ", a commenté à IRIN Remi Oyo, la porte-parole du président Olusegun Obasanjo. "Il faudrait aussi régler le problème de la logistique ", a-t-elle ajouté sans plus de précisions.
Or de son côté, un haut responsable auprès du ministère des Affaires étrangères qui a requis l'anonymat, a déclaré à IRIN que le Nigeria attendait que la communauté internationale fournisse un appui financier en vue du déploiement des troupes de maintien de la paix au Liberia.
"Le Nigeria a dépensé, entre 1990 et 1998, plus de huit milliards de dollars dans les opérations de maintien de la paix au Liberia et en Sierra Leone, sans aucune assistance extérieure et ne peut se permettre d'aller encore une fois au Liberia sans une aide financière ", a-t-il souligné.
Des responsables de la CEDEAO rencontraient jeudi à Freetown, capitale de la Sierra Leone, des responsables américains et nigérians pour peaufiner les détails du déploiement. Le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohammed ibn Chambas, cité par les agences de presse internationales, aurait déclaré que les Etats-Unis apporteraient une contribution de 10 millions de dollars pour la mise en place de la force.
Lors de son investiture en 1999, M. Obasanjo avait clairement posé comme condition à toute future participation du Nigeria aux efforts régionaux de maintien de la paix, que celle-ci soit financée par la communauté internationale, a-t-il rappelé.
Le général de brigade nigérian F. O. Okonkwo a été nommé commandant de la " force d'avant-garde " qui se rendra au Liberia, a annoncé à IRIN le porte-parole de l'armée, le colonel Chukwuemeka Onwuamaegbu.
Et d'indiquer qu'une délégation d'officiers de l'armée nigériane, dépêchée à Monrovia pour analyser la situation dans la capitale libérienne et pour faire des recommandations concernant les besoins militaires des troupes de maintien de la paix, était retournée au Nigeria et qu'elle apportait des informations vitales. Les troupes sont désormais prêtes à partir et n'attendent que les ordres, a-t-il confirmé.
La CEDEAO a déclaré que les 1 500 soldats qui seront déployés par le Nigeria, le Ghana et le Mali, seraient chargés de garantir le fragile cessez-le-feu négocié sous les auspices de l'organisation régionale, et de protéger les civils des combats entre les forces rebelles et les troupes fidèles au président Charles Taylor aux abois.
M. Taylor, qui est sous le coup d'une inculpation pour crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, associé à l'ONU, a accepté une offre d'asile au Nigeria et assuré qu'il quitterait le pouvoir et le pays dès qu'une force internationale, conduite par les Etats-Unis de préférence, serait arrivée au Liberia.
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