1. Accueil
  2. West Africa
  3. Liberia

Bush promet d'envoyer des troupes après le départ de Taylor

Les Etats-Unis se sont engagés à envoyer des troupes au Liberia, mais seulement en deuxième vague de soldats de maintien de la paix, une fois que le président Charles Taylor aura démissionné et quitté le pays.

M. Taylor a accepté une offre d'asile au Nigeria, mais il reste à résoudre la question de savoir qui le remplacera à la tête du gouvernement de transition chargé d'organiser de nouvelles élections.

Les pourparlers de paix d'Accra, la capitale ghanéenne, entre les représentants de Taylor et des deux mouvements rebelles, étaient supposés donner l'esquisse d'une Administration intérimaire le jeudi 17 juillet. Pourtant, des diplomates en poste en Afrique de l'Ouest, qui suivent les négociations de près, ont déclaré mardi qu'il faudrait davantage de temps.

Lors de la signature de l'accord de cessez-le-feu le 17 juin, les participants aux pourparlers inter-libériens de paix avaient accepté de former dans les trente jours un nouveau gouvernement de transition. Toutefois, les négociations ont été interrompues par une recrudescence des combats et par le revirement de M. Taylor concernant son offre de se retirer du pouvoir. Peu de progrès ont été accomplis depuis.

Le président américain George Bush s'est dit prêt lundi à envoyer, pour une courte période, un nombre limité de militaires américains au Liberia dans le but d'appuyer la force d'intervention ouest-africaine dans le pays, jusqu'à ce que les Nations Unies prennent la responsabilité des opérations de maintien de la paix.

M. Bush, qui avait résisté à la pression des gouvernements africains et européens, ainsi qu'à celle de l'ONU, de dépêcher des troupes au Liberia, a annoncé sa décision à l'issue d'un entretien à Washington avec le Secrétaire-Général de l'ONU, Kofi Annan.

"J'ai dit au Secrétaire-Général que nous voulions aider, qu'il faut une présence de l'ONU au Liberia, rapidement ", a affirmé M. Bush à des journalistes. Le président a poursuivi qu'il attendait le rapport de l'équipe militaire américaine d'évaluation au Liberia avant de prendre une décision finale sur le volume de l'opération militaire américaine pour aider à mettre fin à quatorze années de guerre civile dans le pays.

"Ce que je vous dis, c'est que je veux aider la CEDEAO. Cela nécessitera sans doute des soldats mais nous ne savons pas encore combien. Il est donc difficile de le déterminer avant d'avoir analysé toutes les données ", a souligné M. Bush.

"Il [Annan] et moi-même avons discuté du rythme nécessaire dans l'arrivée des forces des Casques bleus, autres que les nôtre, bien sûr. Nos forces ne seront pas envoyées sous le mandat des Casques bleus. Nous serions là-bas pour aider et ensuite nous partirions ", a expliqué M. Bush.

Des responsables militaires ont déclaré à la presse qu'une centaine de membres du personnel militaire américain, trois hélicoptères et un avion de transport Hercules C-130 du commandement américain en Europe, ont été affrétés en Afrique de l'Ouest en fin de semaine dernière pour appuyer l'équipe américaine d'évaluation. Ils opéreront à partir du Liberia, de la Sierra Leone et du Sénégal.

M. Annan a souligné que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) envisageait d'envoyer un premier contingent de 1 000 à 1 500 soldats au Liberia. M.Taylor quittera alors le pays, et d'autres forces internationales, incluant sans doute des militaires américains, arriveraient.

"C'est ce qu'ils ont négocié entre eux et qu'ils discutent maintenant à Accra avec l'équipe américaine… En définitive, des Casques bleus de l'ONU seront mis en place pour stabiliser la situation, dans le même sens que ce que nous avons fait en Sierra Leone. Une fois que la situation sera plus calme et stabilisée, les [soldats] américains vont partir et les soldats de maintien de la paix de l'ONU prendront la relève ", a ajouté M. Annan.

M. Bush a martelé sa demande à Taylor de quitter le Liberia avant l'arrivée des forces américaines. M. Taylor a insisté pour sa part que les forces internationales de paix arrivent dans le pays pour maintenir l'ordre avant son départ en exil.

Des diplomates proches des pourparlers de paix d'Accra ont évoqué mardi des progrès concernant la réduction, de 42 à moins d'une dizaine, du nombre des personnalités libériennes aspirant à remplacer M. Taylor.

Ils ont ajouté qu'il faudrait plus de temps pour négocier un règlement politique étayant le fragile cessez-le-feu signé il y a un mois.

Les candidats potentiels au poste de président intérimaire sont notamment Theresa Leigh-Sherman, présidente du Réseau des femmes du fleuve Mano pour la paix [Mano River Women Network for Peace]; Nah Togba Tipoteh, du Liberian Peoples' Party ; Ellen Johnson-Sirleaf, ancienne fonctionnaire onusienne et ex-candidate présidentielle ; Ruth Perry, qui a été présidente par intérim avant les élections de 1997 qui ont porté M.Taylor au pouvoir et Sekou Conneh, président du mouvement rebelle Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD).

Le président ghanéen, John Kufuor, également président en exercice de la CEDEAO, a préconisé d'envoyer au Liberia des soldats de maintien de la paix dès la semaine prochaine, et le Nigeria a mis en alerte deux bataillons de son armée.

Les diplomates ont indiqué que l'arrivée des premiers soldats de la paix risquait d'être retardée, à moins d'autoriser rapidement l'Equipe de vérification conjointe (JVT) d'aller sur place pour déterminer les positions occupées par les combattants avant le cessez-le-feu. L'Equipe, composée de représentants du gouvernement libérien, du LURD, et de l'autre groupe rebelle, le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL), coincée en Sierra Leone depuis une quinzaine de jours, attend un feu vert pour se rendre au Liberia et se mettre à pied d'œuvre.

La JVT, qui comprend également des représentants de l'ONU, de l'Union Africaine, des Etats-Unis et du Groupe de contact international sur le Liberia, est censée faire le tracé des positions occupées par chacune des parties belligérantes, avant l'envoi des forces de maintien de la paix pour s'interposer entre elles.

Le président Olusegun Obasanjo du Nigeria a effectué une visite de 24h à Conakry dimanche pour s'entretenir de la situation au Liberia avec le président guinéen Lansana Conté, largement considéré comme le principal soutien du LURD.

"Maintenant, nous allons agir rapidement pour préparer le terrain de sorte que le président Taylor tire avantage de l'offre d'asile ", a déclaré M. Obasanjo à la presse à l'issue de l'entretien.

M. Taylor a annoncé lundi qu'il comptait bientôt quitter le Liberia pour le Nigeria. Il n'a fourni aucune date précise. "Je ne vais donner aucune échéance ", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision 'Fox News', basée aux Etats-Unis. "Je pense que mon temps est entre les mains de Dieu. Seul Dieu pourra déterminer quel sera le moment opportun ", a poursuivi M. Taylor.

L'ONU a évacué son personnel international du Liberia début juin à l'issue de l'offensive du LURD contre Monrovia, mais une première équipe de responsables de l'ONU devait retourner dans la ville mardi pour y préparer la reprise totale des opérations humanitaires.

M. Annan a prôné la semaine dernière le retour du personnel de l'ONU au Liberia. Dans la même foulée, il a nommé Jacques Klein, ancien diplomate américain et ex-chef de la Mission de l'ONU en Bosnie-Herzégovine, au poste de Représentant spécial pour le Liberia pour diriger et coordonner les activités de l'ONU dans le pays.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join