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Un haut dirigeant de l’UE réclame un renforcement du mandat de maintien de la paix de la MONUC

Un haut représentant pour la politique étrangère et la sécurité commune de l’Union européenne (UE), Javier Solana, a réclamé le renforcement du mandat de la Mission de maintien de la paix de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC), pour qu’il soit similaire à celui de la Force multinationale intérimaire actuellement déployée, jusqu’au 1er septembre, dans la ville de Bunia, au nord-est du pays.

"Pour nous, ce mandat doit être très semblable à celui de la force actuellement déployée en Ituri, sous le Chapitre 7, c'est-à-dire des règles d'engagement fortes", a déclaré M. Solana mardi en conférence de presse dans la capitale, Kinshasa.

"C'est l'interprétation et le sentiment que nous avons, en tant qu'Européens, pour la continuation de la MONUC [Mission de l’ONU en RDC], et j'espère que les autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont la même compréhension", dit-il.

Le Chapitre 7 de la Charte de l’ONU autorise les Nations Unies à recourir à la force militaire pour réagir à "une menace contre la paix, une rupture de la paix ou un acte d’agression". Toutefois, les pays membres qui fournissent des soldats aux missions de paix de l’ONU sont souvent réticents à engager leurs troupes pour un tel niveau d’activités [Pour plus d’informations sur le Chapitre 7, consulter www.un.org]. La MONUC fonctionne actuellement en vertu du Chapitre 6, qui limite considérablement l’usage de la force.

M. Solana a indiqué que l’UE appuierait le renforcement de la MONUC lors de la prochaine rencontre du Conseil de sécurité de l’ONU portant sur la RDC. Il a indiqué que l'Union européenne entendait maintenir son engagement "fort, positif et constructif" en RDC, comme elle l’a démontré en déployant des troupes de l’UE à Bunia, dans le cadre d’une force temporaire d’imposition de la paix sous commandement français, force ayant pour nom de code "Artémis".

Durant sa visite à Kinshasa, M. Solana a rencontré le président Joseph Kabila et d’autres membres du gouvernement national de transition, qui doit être investi dans ses fonctions cette semaine. Il a précisé que leurs discussions avaient surtout porté sur le processus de transition en cours, mis en branle par suite d’un accord sur le partage du pouvoir conclu en décembre 2002.

"Nous sommes conscients de la fenêtre d’opportunité qui s'est ouverte avec la signature d'un accord global, et qui ne doit pas être refermée si vite", de souligner M. Solana.
"L'élément le plus important de ce processus, c'est l'organisation d’élections, et nous sommes prêts à partager l'expertise dont nous disposons en la matière, avec la coopération de la MONUC et du gouvernement congolais", dit-il.

Il a rappelé à cet égard la signature lundi, par l’UE et M. Kabila, d’un accord par lequel l’UE injectera 80 millions d’euros (90 millions de dollars des É.-U.) dans un programme de réhabilitation de la RDC, appelé "CE/PAR II".

Plus tôt en juillet, l'Union européenne a accepté d’allouer 1,5 million d’euros (1,6 million de dollars) pour soutenir la mise en place et le fonctionnement du gouvernement national de transition.

M. Solana a par ailleurs fait savoir que l'UE était disposée a contribuer à la création d’une force policière nationale unifiée.

Après sa visite à Kinshasa, M. Solana devait se rendre à Kigali pour rencontrer le président rwandais, Paul Kagame, et ensuite à Kampala, pour s’entretenir avec le président ougandais, Yoweri Museveni.

Mercredi, M. Solana se rendra à Bunia, ville affligée par des violences et chef-lieu du district de l’Ituri, au nord-est de la RDC, où il visitera la force de l’UE, l’Opération Artémis. Le 18 juillet, M. Solana doit soumettre au Conseil de sécurité de l’ONU un rapport sur cette opération.

"Nous appelons tout le monde dans la région à s'engager pour l'avancement du processus en RDC, et le meilleur moyen d’y parvenir consiste à laisser les Congolais faire aboutir le processus, pour que l’on puisse ensuite créer des institutions pour assurer la sécurité de la région", dit-il.

Par ailleurs, le vice-président sud-africain, Jacob Zuma, a entrepris une initiative semblable pour promouvoir la paix et la stabilité dans la région, surtout concernant le Burundi. Mardi, M. Zuma a rencontré M. Museveni à Kampala. À cette réunion, les deux hommes ont vivement condamné l’actuelle explosion des hostilités à Bujumbura.

Ils ont aussi annoncé la tenue d’une rencontre spéciale sur le Burundi, le 20 juillet à Dar es-Salaam, en Tanzanie, en vue de revenir à une situation normale de sécurité dans le pays.

Un communiqué, rendu public par le bureau de M. Zuma, a annoncé la participation à cette rencontre de M. Museveni, à titre de président de l’Initiative régionale sur le Burundi, du président tanzanien, Benjamin Mkapa, en tant que vice-président de l’Initiative, de M. Zuma lui-même, comme médiateur du processus de paix, de même que celle des belligérants du conflit.

M. Zuma devait se rendre à Kigali mardi, en vue de rencontrer M. Kagame, mercredi.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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