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Les habitants de Bunia ont surtout besoin de protection, d’eau et de nourriture

Lors d’une rencontre tenue lundi à Goma, les agences des Nations Unies et les ONG humanitaires internationales ont estimé que la protection des civils, l’eau et les installations sanitaires, ainsi que la nourriture, constituaient les besoins humanitaires les plus urgents des habitants de Bunia, ville principale du district de l’Ituri, en proie à des affrontements, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Il s’agissait de la première réunion des travailleurs humanitaires basés à Bunia depuis leur évacuation, le week-end dernier, quelques heures avant que la ville ne soit reprise aux milices ethniques Lendu par des miliciens de l’ethnie Hema, lundi matin.

Au premier chef des préoccupations signalées par les participants humanitaires figurait le fait que personne, jusque là, n’avait réussi à procurer aux civils une protection adéquate.

"Il y a 700 policiers congolais [à Bunia], mais moins de la moitié d’entre eux sont maintenant armés, et ils sont inefficaces", ont indiqué des représentants de l’ONG internationale Oxfam Grande-Bretagne, dans une déclaration écrite de cette organisation réclamant une action immédiate de la part du Conseil de sécurité de l’ONU.

"Les quelques troupes de la MONUC sur le terrain ont pris des mesures, mais la situation est hors contrôle en raison de la présence de milliers d’individus armés dans cette zone. Renforcer la MONUC est indispensable, notamment en déployant un détachement spécial de 1500 soldats additionnels, tel qu’autorisé plus tôt cette année, mais il n’arriverait pas assez rapidement pour [venir en aide aux] habitants de Bunia", ajoutait la déclaration.

Les travailleurs humanitaires ont aussi déploré l’incapacité de la MONUC à protéger les divers entrepôts contenant de la nourriture et des articles non-alimentaires essentiels. Plusieurs de ces réserves ont été pillées. Ils ont cependant applaudi les efforts de la Mission de l’ONU pour mener des distributions de nourriture à partir des stocks restants, initiative qu’un haut responsable humanitaire de l’ONU a qualifiée de "bien organisée".

Concernant l’eau et les installations sanitaires, Oxfam Grande-Bretagne, qui œuvre en ce domaine à Bunia depuis 1999, a dit craindre que les eaux non traitées n’entraînent l’émergence de maladies. L’organisme a rappelé que les pluies abondantes avaient causé d’importants dommages au système d’approvisionnement en électricité de Bunia, sans lequel le système de traitement des eaux ne peut fonctionner. En outre, à cause de l’insécurité dans la ville, le personnel du service local des eaux n’a pas pu se rendre au travail et entreprendre les réparations nécessaires.

L’alimentation, elle aussi, est devenue source de préoccupations croissantes, alors que les marchés sont demeurés presque vides et que les réserves de nourriture des familles seraient sur le point d’être épuisées.

"Si la crise dure une semaine ou plus, il y aura une importante pénurie alimentaire", a prévenu un représentant de l’ONG italienne COOPI.

"Le [principal] marché [d’aliments] est actuellement ciblé [par les milices] et personne ne veut se risquer à apporter de la nourriture en ville", a déclaré un représentant de l’ONG internationale de secours médicaux Médecins sans frontières, qui a aussi émis des craintes face à l’état délabré du système de soins de santé de Bunia.

Les participants ont aussi exprimé des préoccupations face à ce qu’ils ont appelé "le facteur temps": une fois que l’information aura atteint les organisations humanitaires, maintenant forcées à déménager hors de Bunia, la situation sur le terrain peut très bien avoir déjà changé. Lorsque l’Union des patriotes congolais (UPC) a lancé son attaque, lundi, elle a reconquis la plus grande partie de la ville en quelques heures à peine.

Certaines nouvelles parvenues durant la rencontre ont quelque peu soulagé les participants. Ainsi, a-t-on appris, des représentants du Bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et de la MONUC ont pu atterrir sains et saufs à Bunia, en dépit des conditions d’insécurité existant autour de l’aéroport. Ils ont ainsi pu amorcer une mission de quatre jours pour dissiper les tensions et négocier la reprise des activités humanitaires.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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