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Le Gouvernement furieux contre l'ONU pour l'élargissement des sanctions

Le Gouvernement libérien a qualifié de 'déconcertante, injuste, erronée et de deux poids deux mesures visant à détruie le Liberia " la décision prise mardi par le Conseil de sécurité des Nationes Unies d'élargir les sanctions contre ce pays et d'interdire les exportations de bois.

L'ONU, qui a initialement imposé les sanctions en 2001, a indiqué: "Le Conseil a décidé que le Liberia ne s'est pas pleinement conformer à sa demande de cesser immédiatement son appui au Front révolutionnaire uni en Sierra Leone et à d'autres groupes rebelles armés dans la région, comme le stipule la résolution 1343 ".

Les sanctions restreignent le déplacement des hauts dignitaires libériens, interdit la vente ou la fourniture d'armes au gouvernement libérien et à tous les groupes belligérants dans le pays, et interdit les exportations de diamants bruts sauf si leur origine est certifiée.

Le ministre de l'Information du Liberia, Reginald Goodridge, a affirmé ce mercredi à IRIN depuis la capitale Monrovia que son gouvernement estimait que le Conseil a agi sous l'influence de nations puissantes appuyant ses opposants régionaux. Il a nommément cité les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

"Vous avez une situation où il est tout à fait clair que la Guinée appuie les incursions rebelles au Liberia et que la Côte d'Ivoire soutient 750 nouveaux rebelles contre nous. Nous nous demandons pourquoi nous sommes les seuls à être pris pour cible ", s'est exclamé M. Goodridge. "Maintenant, ils ont ajouté le bois. Or nous avons une crise humanitaire d'envergure et nous aurions besoin du moindre centime pour aider notre population ".

Le Conseil a demandé aux pays régionaux de cesser d'apporter un soutien militaire aux groupes armés dans les pays voisins et de s'abstenir de déstabiliser davantage l'Afrique de l'Ouest. Ses experts ont constaté que la Guinée, qui épaule les rebelles du mouvement Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), avait violé l'embargo sur les armes libériennes.

M. Goodridge a démenti les déclarations de l'ONU affirmant que le bois libérien était exporté pour appuyer les rebelles dans les pays voisins. " Il y a des rebelles dans toutes les régions de production du bois ", a indiqué M. Goodridge. "Il ne peut pas y avoir une grande activité de production du bois dans ces régions. Dire que le bois appuie des guerres est un non-sens".

Selon l'ONU, des compagnies de bois chinoises étaient compromises avec le gouvernement et les rebelles armés libériens dans la violation de l'embargo sur les armes par l'entremise d'un réseau de trafiquants d'armes serbes utilisant de faux documents. Certaines compagnies ont livré des armes aux pays voisins, est-il précisé. Les derniers rapports indiquent que les compagnies ont transféré les opérations hors de Greenville dans le comté de Sinoe se trouvant dans le sud-est du Liberia, en raison de l'insécurité grandissante.

]]]]En annonçant les sanctions, le Conseil a informé qu'il allait considérer comment réduire l'impact socioéconomique et humanitaire des sanctions en septembre. Il a aussi déclaré que les sanctions seraient levées s'il était saisi d'informations prouvant que le Liberia se conformait à ses exigences. Des exceptions seront faites concernant l'interdiction de voyager dans les cas où il s'agit d'aider à une résolution pacifique du conflit régional, a-t-il poursuivi.

Le Conseil a prié le sécretaire-Général de l'ONU d'établir, dans trois mois, un autre groupe d'experts qui enquêtera pendant cinq mois sur le respect par le Liberia et par les pays voisins des demandes du Conseil. Le groupe examinera également le système budgétaire du Liberia et le rôle de l'industrie de bois dans les violations de l'embargo.

En outre, le Liberia a fait savoir qu'il attendait une demande du gouvernement sierra léonais pour retourner le corps de Sam Bockarie, tué selon les autorités libériennes dans un échange de tirs mardi, alors que lui et ses gardes du corps essayaient de pénétrer au Liberia en provenance de la Côte d'ivoire.

Ancien chef rebelle en Sierra Leone, Bockarie était sous le coup d'un mandat d'arrêt pour crimes de guerre par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, associé à l'ONU. Le procureur du tribunal, David Crane, a demandé au Liberia de livrer le corps à la Sierra Leone pour une autopsie et une identification formelle.

M. Goodridge a confirmé à IRIN que l'ambassade de la Sierra Leone au Liberia avait entamé des arrangements bilatéraux à cet égard. "Bockarie était citoyen sierra léonais et nous sommes en excellents termes avec ce gouvernement. Des dispositions sont prises pour emmener le corps dès que nous aurons reçu une demande formelle ", a-t-il expliqué. "L'ambassadeur de la Sierra Leone a d'ores et déjà identifié le corps. Cela dépend maintenant de son gouvernement ".

Le tribunal a également demandé au Liberia d'appréhender et d'extrader Johnny Paul
Koroma, un autre fugitif sierra léonais figurant sur sa liste de personnes recherchées et qui commanderait des combattants à Lofa, dans le nord du Liberia. M. Goodridge a néanmoins répondu : " Nous ne l'avons pas vu au Liberia. Si nous le retrouvons, il sera arrêté. Mais s'il résiste à l'arrestation comme Bockarie, il pourrait être tué ".

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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