La situation humanitaire n'a fait qu'empirer au fil des derniers mois, avec l'intensification des hostilités, a-t-il remarqué dans un rapport à la Dixième Réunion ministérielle du Conseil de médiation et de sécurité de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), tenue à Abidjan. La situation sécuritaire s'est progressivement détériorée depuis le début de l'année et cette tendance se poursuivra si aucune action concertée n'est entreprise pour obtenir un cessez-le-feu entre les troupes gouvernementales et les rebelles du groupe Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), a-t-il ajouté.
Dans le rapport, M. Moussa a fait une évolution du conflict depuis novembre 2002, lorsque le LURD s'est emparé de Bopolu, une ville située dans le comté de Gbarpolu à l'ouest du pays, avant de capturer Tubmanburg, à 60 km à l'ouest de la capitale, Monrovia. Les rebelles ont ouvert à présent plusieurs fronts sur la côte occidentale en attaquant Robertsport, et également dans le centre du pays, autour de Gbarnga. Au moins 15 000 civils ont été déplacés durant l'assaut contre Gbarnga, réduisant davantage les ressources déjà surexploitées dans les camps mis en place pour les personnes déplacées à l'intérieur.
Des accrochages se sont également produits à Nimba, un comté du nord-ouest, et dans la province de Grand Gedeh, dans le sud-est, à la frontière avec la Côte d'Ivoire. "Dernièrement, Zwedru, en bordure de la Côte d'Ivoire, réputée être un fief du Gouvernement, a été capturée par les rebelles. Cet incident fait craindre que la situation devienne incontrôlable car la région abrite de nombreux réfugiés ivoiriens et déplacés à l'intérieur, a indiqué M. Moussa. " Le mystère continue à entourer l'identité des personnes qui se battent dans le Grand Gedeh puisque les rebelles du LURD ont nié être présents […] conduisant à une spéculation qu'une troisième force, non identifiée, serait entrée dans le conflit libérien ".
Les attaques provoquent un déplacement
M. Moussa a déclaré que l'attaque la plus acharnée s'est produite aux portes de la capitale, Monrovia, lorsque les rebelles ont attaqué en mars le camp Ricks Institute pour les déplacés à l'intérieur. Ils ont tué trois déplacés et enlevé 2 000 personnes comme recrues. Le camp se trouve à juste 20 km de Monrovia.
"La recrudescence des combats a conduit à un déplacement massif de milliers de civils fuyant la guerre pour chercher des abris plus sûrs et nécessitant une assistance ", a noté le représentant du Secrétaire-Général. " En outre, la guerre dans le pays voisin, la Côte d'ivoire, a considérablement aggravé la situation à l'intérieur du Liberia ".
Les prévisions au titre de l'année en cours pour les réfugiés et les rapatriés au Liberia, a-t-il ajouté, ont augmenté à 85 000 et 90 000 respectivement. On estime qu'environ 100 000 personnes auraient été déracinées de Lofa, un comté du nord-ouest avoisinant Bong et Gbarpolu, ainsi que de Bomi et du Grand Capte Mount, dans l'ouest, tandis que 200 000 sont des déplacés à l'intérieur vivant dans des camps à l'intérieur du pays. Trois comtés hébergent également 95 000 réfugiés, rapatriés et ressortissants de pays tiers, en plus de 19 000 réfugiés sierra léonais hébergés ailleurs.
"Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (BCAH/OCHA), les prévisions pour l'assistance humanitaire requièrent un budget de plus de 42 millions de dollars en 2003, dont seulement 635 000 dollars ont été fournis", a informé M. Moussa. "C'est une preuve troublante de la fatigue des donateurs qui a fini par caractériser la réponse internationale à l'assistance humanitaire au iberia ".
L'Initiative de Bamako
Invitant à un cessez-le-feu d'urgence, M. Moussa a déclaré :"L'initiative actuelle la plus importante sur la table est la conférence de paix proposée à Bamako, au Mali [qui a] soulevé des grandes attentes parmi les Libériens qui sont déjà à bout par le conflit continu ". La CEDEAO et le Groupe international de contact sur le Liberia appuient les pourparlers de Bamako, a-t-il poursuivi, avant de rendre hommage aux groupes de la société civile libérienne, notamment au Conseil interreligieux du Liberia [Inter-Religious Council of Liberia] et au Réseau des femmes du fleuve Mano pour la paix [Mano River Women Peace Network], œuvrant en faveur de la paix au Liberia.
"Pour ce qui a trait à la situation politique interne, l'objectif prioritaire est la mise en place d'un cessez-le-feu contraignant ", a indiqué M. Moussa. " Un cessez-le-feu pourra au moins mettre fin aux souffrances continues des Libériens ordinaires [et] mettre fermement le Liberia sur le chemin de la paix et de la stabilité.
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