Les médicaments, d'une valeur d'un million de CFA (environ 1 538,48 dollars), ont été expédiés par avion samedi et dimanche vers deux hôpitaux de province à Ndele et Birao (à respectivement 645 km et 1 101 km au nord-est de la capitale Bangui).
"Nous avons envoyé des médicaments essentiels, à la fois sous forme de pilules et de préparations injectables, notamment pour lutter contre la tuberculose et la méningite, ainsi que des vaccins," a indiqué mardi à IRIN Dr Carlos Recio, le coordinateur médical de MSF. La mission a également fourni du kérosène pour les congélateurs des hôpitaux afin de conserver les vaccins. Dr Recio a précisé que les médicaments, qui ont été principalement fournis par le ministère centrafricain de la santé, le Fonds pour l'enfance des Nations Unies (UNICEF) et MSF, seraient distribués aux dispensaires médicaux plus modestes des environs.
Le nord-est du pays est isolé de Bangui depuis le 25 octobre 2002, date à laquelle François Bozizé, l'ancien chef d'Etat major des Forces armées centrafricaines, et ses partisans ont envahi la capitale en vue de renverser le régime du président Ange-Félix Patassé. Après avoir été chassés de la ville, les putschistes se sont repliés vers le centre et le nord du pays, bloquant tout accès terrestre vers l'est.
"Les hôpitaux vont vacciner les enfants, mais pas de façon massive," a ajouté Dr Recio. Selon lui, la situation sanitaire actuelle n'est guère différente de celle qui précédait la période de crise. Il a indiqué que le nombre de malades recensés dans les hôpitaux et les centres médicaux avait légèrement augmenté de 2 ou 3 pour cent, mais qu'aucune épidémie n'avait été signalée dans la région. Aucun signe de malnutrition n'a été observé chez les enfants, a-t-il poursuivi.
Cependant, Dr Recio a ajouté que les prix sur les marchés locaux avaient augmenté de 20 pour cent en raison de l'isolement de la région et des conflits de longue date opposant les tribus rivales vivant de part et d'autre de la frontière entre la Centrafrique et le Soudan. Les combats font obstacle aux échanges commerciaux entre les deux pays.
Dr Recio a précisé que la mission avait également pour objectif de mettre en place un système de contrôle épidémiologique, à l'aide de registres où seraient compilées toutes les données avant d'être envoyées à Bangui pour y être analysées.
Des missions du même type sont prévues dans d'autres régions isolées afin de permettre aux agences humanitaires d'établir un plan stratégique national commun. Parallèlement, les rebelles ont autorisé la semaine dernière les agences onusiennes en RCA à entreprendre une mission d'évaluation humanitaire dans les régions sous leur contrôle.
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