12 partis d'opposition de la République centrafricaine (RCA), a organisé mardi une journée de deuil en signe de solidarité avec les victimes du soulèvement d'octobre.
"Nous voulons féliciter la population de Bangui, qui a compris le motif de
notre appel en observant cette journée de deuil", a déclaré à IRIN le président du Parti social-démocrate (opposition) et l'une des principales personnalités de la CPPO, Énoch Dérant Lakoué.
Malgré le message de rappel à l'ordre prononcé mardi matin par le ministre
des Transports, André Toby Kotazo, sur la station Radio Centrafrique,
propriété du Gouvernement, seules quelques voitures étaient visibles dans les rues de Bangui. Les écoles, hôpitaux, banques, marchés, boutiques et les édifices administratifs sont demeurés fermés toute la journée. Lors d'une réunion tenue à Bangui, le président Ange-Félix Patassé a blâmé l'opposition pour cette initiative qui a paralysé la capitale.
M. Lakoué a expliqué que le but de cette journée de deuil était de réclamer le retrait immédiat du pays des soldats libyens et des combattants du Mouvement de libération du Congo (MLC, basé en République démocratique du Congo).
Les combattants du MLC sont blâmés pour avoir perpétré à grande échelle des viols, pillages et d'autres actes de violence. Quant aux soldats libyens, on leur reproche surtout d'avoir bombardé au hasard des banlieues densément peuplées, durant le soulèvement. Des troupes libyennes se trouvent en RCA depuis la tentative de coup d'État de mai 2001. Leur mission consiste à protéger M. Patassé.
Avant cette journée de deuil, un certain nombre de manifestations avaient eu lieu dans les banlieues de Bangui, visant toutes à protester contre la présence dans la capitale des troupes du MLC. Le Gouvernement a, pour sa part, affirmé que ces protestations étaient causées par des agitateurs.
La CPPO a été créée à la suite des événements du 25 octobre, lorsqu'une
alliance existante de huit partis, le Groupe des partis d'opposition, a été
rejointe par quatre autres partis, sous la présidence du professeur Abel
Goumba, le chef du Front patriotique pour le progrès.
Des analystes soutiennent que cette journée de deuil constituait un test
permettant à l'opposition intérieure de la RCA d'évaluer la portée de son
influence.
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