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Les nouveaux affrontements éloignent les espoirs de paix

Les espoirs d'une résolution pacifique du conflit entre le Gouvernement de la Côte d'Ivoire et les insurgés se sont amenuisés cette semaine, soit un mois après le début des négociations avec la médiation du président togolais, Gnassingbé Eyadéma.

La délégation de médiation du gouvernement a rejeté les propositions faites par les rebelles, qui occupent une grande partie du nord et du centre du pays, en réponse à un projet d'accord de paix présenté un peu avant par les médiateurs. Les nouvelles propositions incluaient l'organisation de nouvelles élections et l'installation d'un gouvernement de transition qui serait chargé d'organiser les nouvelles élections.

Les espoirs de progrès dans les négociations, au point mort durant deux semaines, ont repris mercredi avec l'arrivée en Afrique de l'Ouest du ministre français des Affaires Etrangères, Dominique de Villepin, qui a indiqué que le but de sa visite était de catalyser les énergies pour les pourparlers. Des réunions entre M. de Villepin, les deux parties et Eyadéma ont abouti à un communiqué notant que les deux parties étaient "convenues qu'il fallait rapidement mettre fin aux souffrances du peuple ivoirien, ce qui implique un retour à une vie économique et sociale normale et par la même à la paix ".

Les deux délégations ont noté leur accord "sur la nécessité de résoudre les points centraux des négociations ", selon le communiqué, lu à la presse par le ministre togolais des Affaires Etrangères, Koffi Panou. Ces points traitent de problèmes liés à la nationalité, à la loi foncière de 1998, à la liste électorale, à l'application des résolutions du Forum de réconciliation nationale, qui s'était tenu pour résoudre les tensions survenues durant la période des élections présidentielles et législatives de l'an 2000, à des garanties de la part de la communauté internationale, et au désarmement.

"Sur ces bases, les deux délégations se sont déclarées convaincues de la possibilité de signer très vite un accord détaillé, sous l'égide du président du Groupe de Contact de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ", d'après le communiqué. M. Eyadéma préside le groupe, établi pour assurer une médiation entre les belligérants en Côte d'Ivoire.

De Villepin s'est rendu mercredi à Abidjan, où il a eu des entretiens avec le Président Laurent Gbagbo. Il a ensuite annoncé aux médias que le chef de l'opposition Alassane Dramane Ouattara avait quitté la résidence de l'ambassadeur de France auprès de la Côte d'Ivoire (où il s'était réfugié depuis le début du soulèvement le 19 septembre dernier). M. Ouattara, que les secteurs pro-gouvernementaux ont accusé d'être derrière l'insurrection, est allé au Gabon et au Mali, si l'on en croit les médias.

En Côte d'Ivoire, des combats ont été signalés à l'ouest entre les forces loyalistes et les insurgés.

Mercredi, l'armée ivoirienne a accusé les insurgés d'avoir attaqué ses positions à l'ouest, une accusation démentie par les rebelles. Jeudi, l'armée a mené une offensive contre Vavoua, une petite ville tenue par les rebelles et située à environ 450 km au nord-ouest de la capitale économique ivoirienne, Abidjan. Cependant, un nouveau groupe rebelle se présentant comme le Mouvement populaire du Grand-Ouest a attaqué la ville de Danané, à 600 km au nord-ouest d' Abidjan, près de la frontière avec le Liberia. Des hommes armés ont également attaqué Man, une autre petite ville frontalière au nord de Danané.

Le Grand-Ouest (centre-ouest et sud-ouest de la Côte d'Ivoire) abrite l'une des plus importantes régions du pays productrices de cacao. C'est aussi la région d'origine de l'ex-président le général Robert Guei. Guei a été tué par la gendarmerie loyaliste au début de la mutinerie.

"Ces attaques ne sont pas fortuites", a indiqué M. Gbagbo à la télévision jeudi, ajoutant que les assaillants avaient saisi l'occasion pour manifester leur mécontentement. Il a accusé les assaillants " d'attaquer la zone du cacao pour nuire à l'économie ", et a donné aux forces armées jusqu'à vendredi pour les expulser.

La sécurité a été renforcée à Abidjan et à l'aéroport jeudi. Les autorités ont également annoncé l'extension au lundi 2 décembre d'un couvre-feu imposé chaque jour entre 19H00 GMT/heure locale et 06H00 GMT/heure locale.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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