Les auteurs de ce projet, actuellement à l'étude au sein de l'Observatoire volcanique de Goma, conjointement avec le Bureau des Nations Unies pour la
Coordination des affaires humanitaires (OCHA), et le gouvernement de la province du Nord-Kivu, préconisent la mise en place de trois ou quatre sirènes puissantes à divers endroits stratégiques de la ville.
Ce dispositif d'alerte, alimenté par l'énergie solaire, fonctionnerait par
un système radio. Le système de contrôle central serait situé dans les
locaux de l'observatoire.
Ce système de sirène peut émettre jusqu'à cinq sonneries différentes,
pouvant correspondre, par exemple, à des niveaux d'alerte différents mais
certains observateurs préfèrent l'option d'une seule sonnerie qui
retentirait lorsque l'observatoire avertirait de l'imminence d'une éruption.
« Ce système doit être aussi simple que possible afin d'éviter toute
confusion, » a indiqué le vulcanologue belge Jacques Durieux, spécialisé dans l'évolution du Nyiragongo depuis les années 1960.
L'éruption du volcan Nyiragongo, qui s'est produite mi-janvier 2002, s'est
traduite par trois flots de lave en direction de Goma, dont l'une a englouti l'ensemble du quartier commercial et d'affaires du centre-ville. 50 à 100 personnes ont été tuées par l'éruption. 60 autres ont été victimes de l'explosion d'une station-essence.
Un volcan voisin, le mont Nyamuragira, est lui aussi actif. Cependant, de par sa situation géographique dans la réserve naturelle de Virunga, il n'a
pas, jusqu'à présent, représenté une réelle menace pour les populations
humaines.
La plus grande partie des travaux réalisés par l'observatoire, notamment le soutien logistique, l'équipement de surveillance et les salaires du personnel local, ont jusqu'alors été financés par le gouvernement américain, par l'Office of Foreign Disaster Assistance, et dirigés par l'association Save the Children, tandis que plusieurs gouvernements, par le biais d'OCHA,
ont financé une équipe de vulcanologues internationaux et une série d'études. La Mission de l'ONU en RDC, opération de maintien de la paix connue sous son acronyme MONUC, fournit un appui logistique dont la surveillance par hélicoptère des volcans.
En outre, un consultant du Conseil de l'Europe travaille sur la phase finale
de la préparation d'un dispositif d'intervention en cas d'une autre éruption volcanique. Ce projet est principalement centré sur les procédures d'évacuation et le renforcement des capacités.
Le consultant, Redouane Belayachi, a fait part à IRIN de ses principales
recommandations : la création d'une école de protection civile qui formerait les populations locales à mettre en place et à gérer des interventions d'urgence, la promotion de la coopération entre les autorités congolaises et rwandaises, notamment en matière de liberté des mouvements transfrontières en cas d'une éruption, et une campagne d'éducation publique, par le biais de la radio, des écoles et des lieux de travail en vue de créer ce que M. Belayachi qualifie de « culture d'appréciation des risques volcaniques ».
Ces initiatives permettraient ainsi aux populations locales d'être mieux
informées des dangers que représente le Nyiragongo et moins susceptibles de
céder à une peur panique pendant les périodes d'activité volcanique accrue.
Ce plan d'intervention devrait être finalisé avant la fin de l'année.
Goma comptait, dans les années 70, une population de 25 000 habitants. Ils sont aujourd'hui environ 400 000, une augmentation démographique due en
partie au génocide de 1994 au Rwanda voisin et des années d'instabilité à l'est de la RDC.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions