dans le district de l'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), alors que rebelles et milices ethniques s'affrontent pour
contrôler cette zone, selon un fonctionnaire de l'ONU.
"Nous sommes grandement préoccupés", a déclaré Hamadoun Touré, porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC, en s'adressant aux journalistes mercredi dans la capitale de la RDC, Kinshasa. "La confrontation entre les factions rebelles soutenues par l'Ouganda [d'une part] et les milices ethniques [d'autre part] est en train de provoquer une catastrophe humanitaire".
Selon lui, des organismes humanitaires ont confirmé la présence d'un grand nombre de personnes déplacées à cause des combats. Le Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires signale pour sa part la présence de centaines de milliers de déplacés dans le district.
"Ces combats sont tout à fait inutiles. Tout le monde en convient, y compris les belligérants. Toutefois, personne ne semble capable de mettre fin aux combats", déplore M. Touré.
Ses commentaires font suite à des rencontres récentes entre le Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour la RDC, Amos Namanga Ngongi, et deux chefs rebelles. Il a rencontré samedi Jean-Pierre Bemba, le chef du Mouvement de libération du Congo, dans la ville de Gbadolite, au nord-ouest du pays. Par la suite, M. Ngongi s'est entretenu avec Mbusa Nyamwisi, le chef du Rassemblement congolais pour la démocratie - Kisangani - Mouvement
de libération (RCD-K-ML). "Tous deux semblent avoir opté pour la paix",
assure M. Touré.
Toujours selon M. Touré, l'appel lancé par les belligérants en faveur de la création d'une commission pour la paix dans l'Ituri n'a pu se matérialiser en raison des demandes faites par Thomas Lubanga, le chef du mouvement rebelle Hema, soit l'Union du peuple congolais (UPC). Le mouvement de M. Lubanga, né d'une scission au sein du RCD-K-ML, a réclamé du Gouvernement de la RDC la reconnaissance de l'Ituri (que contrôle l'UPC) comme une province
autonome. Par suite du refus gouvernemental, le projet de créer une commission de paix a avorté.
"Il faut maintenant nous dépêcher à mettre en place cette commission, parce que cette tâche ne peut pas être laissée aux gens eux-mêmes", avertit M. Touré.
En fait, l'armée ougandaise, qui maintenait la paix dans cette zone, a déjà retiré deux bataillons de la RDC, et doit ramener au pays ses soldats restants en décembre.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions