la RDC qui était venue soutenir les forces gouvernementales en vue d'écraser une offensive lancée récemment par des troupes dissidentes.
« Nous leur avons offert abri et protection », a confirmé ce jeudi à IRIN un diplomate congolais en poste à Bangui.
« Nous avons peur pour notre sécurité dans les quartiers de la ville », a
lancé Jean-Pierre Dawili, de Gemena, une localité du nord de la RDC. M.
Dawili, cireur de chaussures à Bangui depuis des années, a rejoint les
autres citoyens congolais qui sont venus se réfugier dans leur ambassade dès le 1er novembre, demandant à être rapatriés.
Ils ont indiqué que les habitants de Bangui se sont montrés hostiles à leur
égard après que les forces du Mouvement de libération du Congo, dirigées par Jean-Pierre Bemba, eurent apporté leur soutien au président de la RCA, Ange-Félix Patassé, au cours de l'invasion, du 25 au 31 octobre, par les
troupes des forces armées dissidentes de l'ancien chef d'état-major, le
général François Bozizé, aujourd'hui en exil en France. Les troupes de M.
Bemba sont accusées de piller et violer les habitants de la ville. Les
rebelles ont été chassés de Bangui et se sont enfuis vers le nord par la
route menant vers le Tchad.
Prenant la parole, jeudi, au micro de la station officielle, Radio
Centrafrique, le ministre de la communication, Gabriel Jean Edouard
Koyambounou, a lancé un appel aux hommes de M. Bozizé pour qu'ils rendent leurs armes et retournent à Bangui, où leur « sécurité et leur intégrité physique » sont garanties.
Parallèlement, les ONG humanitaires telles que Médecins sans
frontières-Espagne (MSF-Espagne), Cooperazione Internationale (Coopi), et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont commencé à fournir des vivres et des secours médicaux aux habitants nécessiteux dans la capitale.
La personne chargée des questions logistiques pour Coopi, Edouardo Pelamatu, a indiqué jeudi à IRIN que son ONG avait creusé deux latrines et en creusait quatre autres. L'ONG ramasse également les immondices, érige des tentes offertes par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance et distribue des
aliments cuits fournis par le PAM.
En collaboration avec MSF-Espagne, Coopi a mis en place une équipe médicale composée d'un médecin, de deux infirmières et d'un obstétricien.
« Aujourd'hui, nous avons reçu 50 patients dont la plupart souffrent de
blessures superficielles ou de traumatisme. D'autres souffrent de paludisme, d'infections respiratoires et de dermatose, » a informé ce jeudi Kibonge Victor, médecin et chef de l'équipe médicale de Coopi.
Les Tchadiens, pour leur part, sont confrontés à la colère de la population de Bangui, compte-tenu des relations tendues entre leur gouvernement et celui de la RCA. Soucieux d'éviter toute explosion de violence, le gouvernement du premier ministre, Martin Ziguele, a enjoint à la population de faire montre de modération. « Je mets en garde quiconque souhaiterait profiter de la situation et attaquer des etrangers, » a-t-il dit. « Si ces
gens sont ici, c'est parce qu'ils aiment notre pays. »
Le Tchad a accusé l'armée régulière de la RCA d'avoir tué 150 Tchadiens à
Bangui, une accusation réfutée par M. Ziguele. Ce dernier voit dans cette
allégation une tentative de diversion de l'attention de la communauté
internationale sur le « rôle du Tchad » dans l'invasion du général Bozizé, a-t-il commenté.
Dans un rapport publié le 6 novembre, la Ligue Centrafricaine des Droits de
l'Homme a déclaré que des Tchadiens ont été massacrés et recommande vivement la création d'une commission internationale pour enquêter sur cette affaire et sur toutes les violations des droits de l'homme commises pendant la crise
d'octobre.
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