1. Accueil
  2. Africa
  3. Central African Republic

750 Congolais se réfugient dans leur ambassade

Quelque 750 ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) se sont réfugiés dans leur ambassade à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), craignant d'éventuelles représailles par les habitants de la ville victimes d'actes de pillage et de viol commis par une milice de
la RDC qui était venue soutenir les forces gouvernementales en vue d'écraser une offensive lancée récemment par des troupes dissidentes.

« Nous leur avons offert abri et protection », a confirmé ce jeudi à IRIN un diplomate congolais en poste à Bangui.

« Nous avons peur pour notre sécurité dans les quartiers de la ville », a
lancé Jean-Pierre Dawili, de Gemena, une localité du nord de la RDC. M.
Dawili, cireur de chaussures à Bangui depuis des années, a rejoint les
autres citoyens congolais qui sont venus se réfugier dans leur ambassade dès le 1er novembre, demandant à être rapatriés.

Ils ont indiqué que les habitants de Bangui se sont montrés hostiles à leur
égard après que les forces du Mouvement de libération du Congo, dirigées par Jean-Pierre Bemba, eurent apporté leur soutien au président de la RCA, Ange-Félix Patassé, au cours de l'invasion, du 25 au 31 octobre, par les
troupes des forces armées dissidentes de l'ancien chef d'état-major, le
général François Bozizé, aujourd'hui en exil en France. Les troupes de M.
Bemba sont accusées de piller et violer les habitants de la ville. Les
rebelles ont été chassés de Bangui et se sont enfuis vers le nord par la
route menant vers le Tchad.

Prenant la parole, jeudi, au micro de la station officielle, Radio
Centrafrique, le ministre de la communication, Gabriel Jean Edouard
Koyambounou, a lancé un appel aux hommes de M. Bozizé pour qu'ils rendent leurs armes et retournent à Bangui, où leur « sécurité et leur intégrité physique » sont garanties.

Parallèlement, les ONG humanitaires telles que Médecins sans
frontières-Espagne (MSF-Espagne), Cooperazione Internationale (Coopi), et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont commencé à fournir des vivres et des secours médicaux aux habitants nécessiteux dans la capitale.

La personne chargée des questions logistiques pour Coopi, Edouardo Pelamatu, a indiqué jeudi à IRIN que son ONG avait creusé deux latrines et en creusait quatre autres. L'ONG ramasse également les immondices, érige des tentes offertes par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance et distribue des
aliments cuits fournis par le PAM.

En collaboration avec MSF-Espagne, Coopi a mis en place une équipe médicale composée d'un médecin, de deux infirmières et d'un obstétricien.
« Aujourd'hui, nous avons reçu 50 patients dont la plupart souffrent de
blessures superficielles ou de traumatisme. D'autres souffrent de paludisme, d'infections respiratoires et de dermatose, » a informé ce jeudi Kibonge Victor, médecin et chef de l'équipe médicale de Coopi.

Les Tchadiens, pour leur part, sont confrontés à la colère de la population de Bangui, compte-tenu des relations tendues entre leur gouvernement et celui de la RCA. Soucieux d'éviter toute explosion de violence, le gouvernement du premier ministre, Martin Ziguele, a enjoint à la population de faire montre de modération. « Je mets en garde quiconque souhaiterait profiter de la situation et attaquer des etrangers, » a-t-il dit. « Si ces
gens sont ici, c'est parce qu'ils aiment notre pays. »

Le Tchad a accusé l'armée régulière de la RCA d'avoir tué 150 Tchadiens à
Bangui, une accusation réfutée par M. Ziguele. Ce dernier voit dans cette
allégation une tentative de diversion de l'attention de la communauté
internationale sur le « rôle du Tchad » dans l'invasion du général Bozizé, a-t-il commenté.

Dans un rapport publié le 6 novembre, la Ligue Centrafricaine des Droits de
l'Homme a déclaré que des Tchadiens ont été massacrés et recommande vivement la création d'une commission internationale pour enquêter sur cette affaire et sur toutes les violations des droits de l'homme commises pendant la crise
d'octobre.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join