Les deux délégations avaient suspendu vendredi leurs discussions, qui devaient continuer lundi. Les discussions de cette semaine seront centrées sur les questions d'ordre politique, à l'issue d'un accord vendredi sur plusieurs points relatifs à la participation des insurgés dans l'armée.
Selon l'accord de vendredi, le Gouvernement doit soumettre à l'Assemblée Nationale un projet de loi d'amnistie. Le projet de texte traitera de la libération des membres de l'armée emprisonnés, de la cessation des poursuites contre les personnes accusées de porter atteinte à la sécurité de l'Etat, du retour des soldats exilés et de leur réinsertion dans l'armée.
Le gouvernement a soumis au bureau de l'Assemblée Nationale un projet de loi appelé à améliorer de façon significative les conditions de vie, de travail et d'enrôlement des soldats, ainsi que les conditions régissant la promotion et la carrière, et s'est engagé à demander au parlement de voter la loi dès que possible, d'après l'accord. Le Gouvernement s'est également engagé à « prendre des mesures pour le réemploi » des soldats démobilisés, loyaux au défunt président de facto le général Robert Gueï, est-il ajouté.
Les deux côtés ont adopté une déclaration sur l'aide humanitaire dans les zones occupées par les insurgés, qui occupent des parties du centre et du nord de la Côte d'Ivoire depuis le soulèvement armé du 19 septembre dernier contre l'autorité de l'Etat. Dans une déclaration sur l'aide humanitaire, le gouvernement et le Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI - insurgés) se sont engagés à ne pas entraver l'action des agences et des organisations concernées et ce afin de permettre d'apporter l'aide humanitaire en toute sécurité et d'une manière efficace aux populations nécessiteuses dans toute la Côte d'Ivoire.
Ils sont aussi convenus de garantir un libre accès aux missions d'évaluation des agences humanitaires dûment enregistrées, d'identifier des routes d'accès mutuellement définies à travers lesquelles les articles et le personnel humanitaires peuvent atteindre les bénéficiaires, et d'autoriser les agences et organisations concernées à apporter leur assistance selon les besoins établis par leurs missions d'évaluation.
Chaque côté a également accepté de garantir la sécurité des bénéficiaires de l'aide humanitaire et la sécurité des produits transportés, stockés et distribués par les agences et les organisations humanitaires.
Un comité de mise en oeuvre sera établi dans les sept prochains jours. Il sera constitué de représentants de l'ONU, des ONG, du Gouvernement ivoirien, du MPCI et de membres de la force-tampon qui sera déployée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Le mandat de ce comité consistera à vérifier et à évaluer la sécurité le long des routes proposées pour l'utilisation des agences humanitaire et à distribuer aux organisations humanitaires concernées des informations sur ces itinéraires. Il doit aussi surveiller et examiner les lacunes dans la mise en place du système dans le but de garantir une application stricte des termes de la déclaration.
Le Gouvernement et le MPCI vont également mettre en place, en particulier dans les zones occupées, des organes administratifs et sécuritaires chargés de faciliter un acheminement efficace de l'aide humanitaire vers les points de distribution et d'assurer la sécurité des agences humanitaires, de l'aide à distribuer, des bénéficiaires et des points de distribution.
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