Des articles de presse ont signalé que les combats continuaient à Bouaké, une ville du centre du pays, mais qu'il n'était pas clair qui contrôle la ville. Les médias nationaux ont rapporté lundi soir que Bouaké avait été reprise par les troupes loyalistes, ce qui a poussé les habitants d'Abidjan à descendre dans les rues pour exprimer leur joie. Les rebelles ont démenti l'information.
Le colonel Jules Yao Yao, porte-parole de l'armée nationale, a déclaré dans un point de presse que onze personnes, notamment dix rebelles, ont été tuées, qu'une autre personne a été blessée, et que seize véhicules des rebelles ont été saisis.
La tension serait également montée mardi dans la capitale administrative Yamoussoukro après que des centaines de jeunes, favorables au gouvernement, eurent saccagé les boutiques et les résidences de personnes soupçonnées de sympathiser avec les rebelles, ont indiqué des sources à IRIN. Les jeunes, ont souligné les sources, étaient mécontents d'avoir été empêchés par les autorités locales de marcher sur Bouaké. Ils ont été mobilisés lundi à Abidjan pour aller « offrir leur poitrine » pour la guerre à Bouaké.
La chaîne de télévision CNN a rapporté que les jeunes « frappaient, tuaient et brûlaient » toutes les personnes soupçonnées d'être contre le gouvernement. Elle a également informé que Tiebissou, une ville située entre Bouaké et Yamoussoukro, a été désertée par ses habitants.
A Genève, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a exprimé son inquiétude au sujet de l'évolution de la situation en Côte d'Ivoire et des informations évoquant un déplacement accru à l'intérieur, à la suite de la recrudescence des combats à l'issue de l'échec, dimanche, des négociations en vue d'un cessez-le-feu.
"L'aggravation des conditions de vie à Bouaké, notamment le manque d'eau, d'électricité et d'approvisionnement alimentaire » a incité de nombreux habitants à s'enfuir. D'après la Croix-Rouge, entre 150 000 et 200 000 habitants de Bouaké (population: 600 000 habitants) ont fui pour échapper aux combats et à l'insécurité », a indiqué le HCR.
"A Abidjan, la démolition des habitations dans les bidonvilles de la ville continue, affectant des milliers de résidents locaux et d'étrangers vivant à Abidjan, y compris des réfugiés. A l'occasion d'une visite au Bureau du HCR vendredi dernier, le ministre des droits de l'homme a déclaré que le ratissage des bidonvilles sera suspendu pour dix jours. Il n'y a pas encore eu de suspension », a-t-il ajouté.
L'agence de l'ONU a informé qu'elle assistait au moins 800 réfugiés déplacés dans cinq centres à Abidjan, mais que les problèmes liés à la santé empiraient. Seize pour cent des réfugiés sont des enfants de moins de cinq ans et 21 pour cent ont moins de 18 ans.
OCHA a fait état de l'inquiétude croissante suscitée par un programme à la télévision nationale dimanche qui affirmait que « la clé de la victoire sur les rebelles consiste à expulser tous les immigrés burkinabè ».
Lundi, le gouvernement du Burkina Faso a appelé à mettre fin aux « agissements inacceptables » contre les immigrés. Adama Fofana, le ministre burkinabè chargé des Relations avec le parlement et porte-parole du gouvernement, cité par la PANA, aurait déclaré que « le Burkina Faso condamne le traitement cruel et dégradant de ses ressortissants en Côte d'Ivoire ».
Dans le même temps, le Togo et le Sénégal se sont joints à la France pour exhorter le président Laurent Gbagbo à signer un cessez-le-feu avec les soldats rebelles, proposé par l'équipe de médiation de la CEDEAO, M. Gabgbo a refusé de signer un cessez-le-feu, que les rebelles avaient accepté de signer, et a opté pour une solution militaire à la crise.
Dans le même contexte, le gouvernement ivoirien a prolongé mardi jusqu'au 21 octobre un couvre-feu de deux semaines sur l'ensemble du territoire national. Il est actuellement en vigueur entre 22H00 et 6H00 TU. Toutefois, à Bouaké et à Korhogo, il est en vigueur entre 18H00 et 6H00 TU.
Le président Gbagbo doit s'adresser à la nation dans la soirée.
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