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Une mission d'ex-combattants rwandais arrive à Kigali

Une mission exploratoire composée d'anciens combattants Hutu rwandais désarmés, démobilisés et basés en République démocratique du Congo (RDC) est arrivée lundi dans la capitale rwandaise, Kigali, pour évaluer dans quelle mesure ils pourraient retourner sans danger vivre dans leur pays, ont rapporté des organes de nouvelles. "Nous verrons si les conditions sont adéquates pour notre sécurité et notre réintégration au Rwanda; nous pourrons alors décider (de procéder à) un retour définitif", a déclaré à IRIN Ephraim Hakazimana, l'un des 79 volontaires de la mission, avant de quitter Kamina, au sud-est de la RDC.

En tout, 79 membres de l'ethnie Hutu se sont portés volontaires pour cette mission d'une semaine. Après quoi, ils reviendront dans la base militaire du sud-est de la RDC (où ils sont hébergés) pour faire rapport de leurs conclusions aux autres 1 711 anciens combattants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Sur les 79 personnes prenant part à la mission, on trouve 66 ex-combattants, dix femmes et trois enfants.

"La clef du processus de rapatriement est entre vos mains", a déclaré Bill Maselta, un conseiller auprès du président sud-africain Thabo Mbeki, lors d'une cérémonie précédant leur départ. L'Afrique du Sud et les Nations Unies constituent la tierce partie à l'accord de paix signé le 30 juillet à Pretoria, en Afrique du Sud, par les présidents Joseph Kabila de la RDC et Paul Kagame du Rwanda.

Par cet accord, le Rwanda s'engage à retirer ses troupes de la RDC. En échange, Kinshasa doit prendre des mesures pour résoudre certaines préoccupations sécuritaires en RDC. Cela signifie surtout le démantèlement de l'ancienne armée rwandaise (ex-FAR) et des milices Hutu Interahamwe. Ceux-ci avaient fui en RDC à la suite de leur implication dans le massacre de quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés au Rwanda, en 1994.

La Mission de maintien de la paix de l'ONU en RDC, appelée la MONUC, et plusieurs ONG internationales de défense des droits de l'homme, ont développé un mécanisme de suivi pour aider à garantir la sécurité des rapatriés, autant durant cette mission exploratoire que lors du rapatriement éventuel et de la réintégration de tous les ex-combattants rwandais. "Nous surveillerons les rapatriés durant plusieurs mois, pour nous assurer que leurs droits et libertés seront assurés et pour que rien de mal ne leur arrive dans leur pays", a confié à IRIN Luc Henkinbrant, un agent de la MONUC chargé des droits de l'homme.

Les autorités rwandaises ont indiqué qu'il reviendra aux autorités judiciaires de déterminer lesquels parmi les anciens combattants pourraient avoir été impliqués dans les massacres de 1994.

En plus des 1 780 ex-militants Hutu de Kamina, 201 autres anciens guerriers blessés et malades, actuellement hospitalisés dans la capitale de la RDC, Kinshasa, et dans la ville de Lubumbashi, au sud-est du pays, attendent aussi les résultats de la mission exploratoire pour décider s'ils retourneront au Rwanda.

Le Gouvernement de la RDC a récemment indiqué que 2 000 autres combattants Hutu pourraient se trouver dans les environs de Kamina.

Un certain nombre de volontaires ont exprimé leur inquiétude à l'égard du traitement qu'ils pourraient subir à leur retour au Rwanda. L'un d'eux s'est même retiré de la mission exploratoire à la dernière minute. Un dirigeant des FDLR s'est fait demander d'intervenir pour rassurer les membres restants de la délégation.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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