Sur le marché officiel, le dollar s'échange maintenant à 1 045 francs, une hausse de 150 francs face au taux précédent.
Les négociants qui espéraient bénéficier de la dévaluation ont retiré de la vente des produits de base, créant une pénurie Artificielle, notamment dans
la capitale, alors que certaines denrées telles que le sucre sont produites au Burundi.
Face à cette situation, le gouvernement a imposé le rationnement du sucre, accusant les commerçants d'essayer d'accroître leurs gains en exportant du sucre vers les pays voisins tels que le Rwanda et la République démocratique du Congo, où en constituant des stocks en attendant une augmentation
générale des prix dans le pays.
Les prix du ciment, des tôles ondulées, du lait en poudre et du sel ont augmenté au moins de 20 pour cent. Le prix d'un sac de 50 kg de ciment est passé de 10 000 francs (9,57 dollars) à 12 000 francs (11,50 dollars).
Le gouvernement burundais vient d'annoncer que la Banque mondiale s'apprête à débloquer un prêt de 54 millions de dollars qui sera réparti sur trois phases. L'Etat réfute néanmoins toute relation entre la dévaluation et le prêt de la Banque mondiale.
Le gouverneur de la Banque centrale, Grégoire Banyiyezako, a indiqué que le
gouvernement n'est pas uniquement confronté à un déficit budgétaire mais
doit aussi faire face à une crise dans le secteur du café. Le café est la principale denrée exportée par le Burundi. Or, les prix sur le marché
mondial n'ont cessé de baisser ces dernières années.
Le coût de production du café au Burundi est devenu plus élevé que le prix de vente, une situation qui devrait entraîner un déficit d'environ neuf milliards de francs (8 612 440 dollars) dans le secteur du café, a expliqué M. Banyiyezako, ajoutant qu'une perte de sept milliards de francs (6 698 564
dollars) a été enregistrée lors de la précédente saison de récolte du café.
« Nous avons perdu 300 francs par kg, » a précisé M. Banyiyezako.
« Le gouvernement pourra financer le déficit survenu après la dévaluation », a-t-il renchéri, ajoutant que le FMI et le gouvernement ont décrété d'un
commun accord que toutes les mesures possibles doivent être prises pour
garantir que le déficit dans le secteur du café ne vienne toucher d'autres secteurs.
Le gouvernement prévoit de réduire les dépenses publiques et d'augmenter les revenus en vue de combler le déficit budgétaire. Il a déjà suspendu le recrutement d'enseignants au sein de la fonction publique.
La Banque mondiale et le FMI ont, pendant plusieurs années, refusé d'
accorder des crédits au Burundi, au motif qu'ils pouvaient servir à obtenir des armes. Quelques événements, tels que les grèves nationales des enseignants, ont conduit certains gouvernements occidentaux, notamment la Belgique et la France, à recommander une assistance financière au gouvernement afin d'empêcher que cette situation de crise ne mette en danger le gouvernement transitoire et l'ensemble du processus de paix.
« Le pauvre va forcément devenir plus pauvre tandis que les hommes d'
affaires et les responsables du gouvernement qui font de l'argent avec leurs missions à l'étranger, passent du bon temps, » a lâché un habitant de Bujumbura.
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