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Les tensions persistent entre le gouvernement et le MLC au sujet de l'armée

Les mésententes relatives à la future armée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) constituent toujours une source de tensions entre le gouvernement de Kinshasa et le Mouvement de libération du Congo (MLC), deux des principaux signataires d’un accord visant l’établissement d’un gouvernement intérimaire de partage du pouvoir et à élaborer un projet de constitution menant vers un éventuel gouvernement national élu démocratiquement.

L’accord, signé en avril à Sun City, en Afrique du Sud, permettrait à Joseph Kabila de demeurer à la présidence, alors que le leader du MLC, Jean-Pierre Bemba, deviendrait premier ministre.

Réagissant à la nomination par M. Kabila de certains officiers de l'armée à de nouvelles fonctions au sein des Forces armées congolaises (FAC), Francois Mwamba, chef du département des relations extérieures du MLC, a déclaré à IRIN mercredi: "Le président Joseph Kabila aurait pu faire ses nominations dans le cadre de la mise en oeuvre de l'accord signé à Sun City; il aurait ainsi gagné le contrôle sur 70 pour cent du territoire au lieu de se contenter des 40 pour cent (actuellement) sous son contrôle".

Le MLC, impatient de voir l’accord de Sun City mis en œuvre, croit que les retards persistants à l’établissement d’une armée unifiée menacent de mener le pays vers une autre partition.

«L'accord que nous avons signé appelle à la réunification de nos armées respectives», a déclaré M. Mwemba à IRIN. «Toutefois, si le gouvernement nous disqualifie, il veut peut-être que nous reprenions la guerre. Comment [Kinshasa] saura-t-il contrôler la partie (du pays) que nous administrons? Voudrait-il nous la ravir par la guerre?"

Depuis la signature de l’accord de Sun City, les délégations des parties signataires n’ont pas encore achevé le projet de nouvelle constitution, surtout en raison de désaccords entre Kinshasa et le MLC, un ancien mouvement rebelle soutenu par l’Ouganda voisin.

"Nous ne sommes pas contre ces nominations. Ce qui est décidé par Kinshasa concerne le territoire qu’il contrôle. Nous ne demanderons pas de devenir le général de l'armée de Kabila, à moins d'une réunification", d’ajouter M. Mwamba.

La promotion par chaque camp de ses soldats respectifs a aussi contribué aux tensions causées par les retards à l’unification de l’armée. Ces moyens sont vus comme des astuces pour leur destiner les meilleurs grades dans une armée nationale nouvellement constituée.

Parmi ces promotions, il y a eu celle de Jean-Pierre Bemba, qui s’est proclamé chef de l’armée du MLC, peu après la signature de l’accord, s'affublant du grade de général de division, l'équivalent du galon de général-major que porte le président Kabila.

"Jean-Pierre Bemba s'est disqualifié; on ne peut pas devenir en même temps premier ministre et chef de l'armée", avait commenté le chef d'état-major des FAC, le général-major Liwanga Mata.

Pour M. Mwamba, toutefois, le grade de Jean-Pierre Bemba ne peut pas l'empêcher de devenir premier ministre "puisque, dit-il, il peut s'en départir si l'intérêt national le commande".

"Mais quand allons-nous mettre fin a ces querelles d'intérêts et procéder à l'application de l'accord de Sun City et rassembler les armées?" s'est demandé M. Mwamba, en faisant référence aux désaccords qui ont retardé la mise au point finale de la nouvelle constitution nationale.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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