La section de l’oléoduc, longue de 900 km, qui traverse le Cameroun, constitue une menace pour la sécurité, des risques pour la santé et des dangers écologiques, notamment la réduction des réserves d’eau fraîche, la destruction des forêts et l’empiétement des écosystèmes fragiles, en particulier ceux du littoral côtier, ont affirmé les ONG mercredi.
Les marée noires accidentelles menacent la pêche traditionnelle, a déclaré dans un communiqué Honoré Ndoumbe Nkotto, coordinateur national de la Fondation camerounaise pour une action rationalisée des femmes sur l’environnement.
La Fondation pour l’environnement et le développement au Cameroun a également indiqué qu’aucune mesure n’a été prise pour protéger les populations vulnérables, deux ans après le démarrage des travaux de construction de l’oléoduc.
Les responsables du projet ont démenti les accusations. « En ce qui concerne les règles sur les risques de déversement des hydrocarbures, maintes précautions ont été prises », a répliqué Emmanuel
Noubissié Ngankam, qui est chargé des opérations du projet à la Banque mondiale, cité par les agences de presse.
L’oléoduc fait partie d’un projet de 3,5 milliards de dollars visant à pomper du pétrole de Doba, dans le sud du Tchad, jusqu’aux installations en mer au Cameroun. La production doit commencer en 2004. C’est une joint-venture entre les compagnies pétrolières américaines ExxonMobil et ChevronTexaco, et Petronas de la Malaisie.
Le Tchad escompte recevoir entre 2,5 et 5 milliards de dollars en revenus directs des droits sur la vente, des taxes et des dividendes, en fonction du prix du pétrole durant les trente ans de vie du champ pétrolier. En outre, 3,5 milliards de dollars d’activité économique pourront être générés par les dépenses et l’emploi au titre du projet local.
Le Cameroun prévoit de percevoir 500 millions de dollars en droits de transit, taxes et dividendes, et 400 millions de dollars supplémentaires en activité économique.
La Banque mondiale a approuvé le projet en juin 2000, en dépit d’une opposition aussi bien au Tchad qu’au Cameroun, et l’a qualifié « de cadre sans précédent pour transformer la richesse pétrolière en gains directs pour les pauvres, pour les personnes vulnérables et pour l’environnement ».
Des ONG écologistes internationales telles qu’Action Alert ont souligné qu’il était dangereux pour l’environnement car il affectera les forêts, les terres du sud du Tchad où poussent la plupart des cultures vivrières du pays, les eaux côtières et d’importants systèmes fluviaux régionaux.
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