"Le dialogue intercongolais reste suspendu. Lorsque cela sera terminé, tout le monde le saura," a indiqué mardi à IRIN le porte-parole du M. Masire, George Ola-Davies. "M. Masire reste le facilitateur du dialogue intercongolais."
Les pourparlers de paix de Sun City, en Afrique du Sud, ont commencé fin février pour s'achever le 19 avril avec un accord conclu entre la majorité des délégués participants, mais non reconnu par M. Masire qui recherchait un accord inclusif englobant tous les partis congolais.
L'accord, conclu en premier lieu entre les autorités de Kinshasa et la rébellion du Mouvement pour la libération du Congo (MLC, soutenu par l'Ouganda), prévoyait le maintien de Joseph Kabila, 31 ans, à la présidence et à la nomination du chef de file du MLC, Jean-Pierre Bemba, au poste de premier ministre.
Le groupe rebelle soutenu par le Rwanda, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), a cependant refusé de signer, objectant notamment le maintien de M. Kabila à la présidence et le rôle insuffisant donné au RCD-Goma dans le gouvernement de transition devant conduire à l'élaboration d'une nouvelle constitution et à la tenue d'élections démocratiques.
"Le mandat de M. Masire consistait à restaurer la paix, et en dépit des divers accords conclus, j'estime que cet objectif n'a pas été encore atteint," a dit M. Ola-Davies.
Il a expliqué que l'équipe de M. Masire poursuivait en coulisse ses efforts diplomatiques auprès de tous les participants du dialogue intercongolais afin de ramener tout le monde à la table de négociations pour avaliser ce qui demeure un accord incomplet, notamment du fait de l'absence du RCD-Goma. Ce dernier s'est toutefois récemment déclaré prêt à reprendre sans condition les négociations.
Etaient également absents plusieurs partis politiques importants, tels que l'Union pour la démocratie et le progrès social (UPDS) d'Etienne Tshisekedi. Dans la semaine ayant suivi la conclusion de l'accord de Sun City, l'UPDS et d'autres partis de l'opposition ont formé une coalition inattendue avec le RCD-Goma, appelée l'Alliance pour la sauvegarde du dialogue intercongolais, avec pour objectif principal de relancer le dialogue intercongolais.
M. Ola-Davies a précisé que l'équipe de M. Masire disposait de "fonds suffisants pour continuer sa mission pendant encore un certain temps". Il n'a pu donner de chiffres précis mais il a souligné que le bureau du facilitateur envoyait aux pays donateurs des rapports mensuels vérifiés par un expert-comptable.
Interrogé sur la relation de M. Masire avec Mustapha Niasse, ancien premier ministre sénégalais récemment nommé envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour le processus de paix en RDC, M. Ola-Davies a répondu que leurs rôles étaient complémentaires, ajoutant que "M. Niasse est en contact régulier avec le facilitateur". M. Niasse a déjà travaillé en étroite collaboration avec M. Masire, lorsqu'il dirigeait la commission juridique et politique du dialogue intercongolais.
M. Masire est toujours à la tête d'une équipe d'environ 14 professionnels et d'autant de collaborateurs installés dans des bureaux à Gaborone, au Botswana, et à Kinshasa, en RDC. Le bureau du facilitateur est toujours doté d'un site web, dont l'adresse est: http://www.drcpeace.org. Bien qu'il n'ait pas été mis à jour depuis la fin des négociations de Sun City, M. Ola-Davies a indiqué qu'il serait remis en fonctionnement "incessamment".
Parallèlement, M. Kabila a nommé Vital Kamhere comme commissaire général du gouvernement congolais chargé du suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs. M. Kamhere sera assisté de deux adjoints, Mupapa Say et Séraphin Ngwej.
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