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Kabila et Kagamé signent la paix

Les présidents du Rwanda, Paul Kagamé, et de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, ont signé mardi un accord destiné à mettre fin au conflit qui oppose leurs deux pays.

Un protocole d'accord et un calendrier pour l'application de l'accord ont été signés à Pretoria, en Afrique du Sud, en présence du président sud-africain, Thabo Mbeki, président de l'Union africaine, du président du Malawi Baliki Muluzi, du vice-président sud-africain Jacob Zuma, du ministre des affaires étrangères sud-africain Nkosazana Dlamini, de la représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la RDC, Lena Sundh, et de plusieurs personnalités diplomatiques postées en Afrique du Sud.

S'adressant sur les ondes de la South African Broadcasting Corporation lors de la cérémonie de signature qui se déroulait au palais présidentiel de Pretoria, M. Kabila a déclaré: "Aujourd'hui est un grand jour pour l'Afrique tout entière, un pas de plus vers le développement durable du continent. Le peuple congolais, son gouvernement et moi-même sommes résolus à vivre en harmonie avec les neuf pays dont nous partageons les frontières."

M. Kabila a confirmé que son gouvernement appliquerait "en toute bonne foi" les engagements de ce jour, ajoutant: "Si cet accord devait échouer, cela ne sera pas en raison d'un échec de la part du gouvernement de la RDC".

Il a appelé la "communauté internationale tout entière", et notamment les Nations unies et son Conseil de sécurité, à soutenir la paix dans la région et il a remercié "tous ceux qui n'ont cessé de consacrer leur énergie à l'avènement de cette journée".

De son côté, M. Kagamé a qualifié l'accord de "grand pas vers la résolution du conflit en RDC, au Burundi et au Rwanda, parmi d'autres pays".

Et d'ajouter: "Cet accord est important pour plusieurs raisons, car il répond à deux des problèmes qui sont au coeur du conflit dans la région - premièrement, comment agir avec les ex-FAR [anciennes forces armées rwandaises] et les Interahamwe [milices hutues extrémistes], et deuxièmement, en ouvrant la voie pour le retrait des forces qui sont impliquées dans ce conflit à partir de la RDC."

Toutefois, le président rwandais a averti que l'accord serait une réussite à condition d'être soutenu par l'ensemble du continent africain et de la communauté internationale.

"Comme la communauté internationale a, historiquement, fait partie du problème, elle doit faire partie de la solution," a-t-il dit. Il a accusé la communauté internationale d'avoir "plus souvent vanté ses capacités au lieu de les appliquer" afin de restaurer la paix dans la région.

M. Kagamé a conclu son discours ainsi: "Au nom de mon pays, je déclare que le Rwanda est prêt à accepter sa part de responsabilité comme le stipule le protocole d'accord."

A l'issue de la signature des documents, M. Mbeki a promis que l'Union africaine, l'ONU et l'Afrique du Sud aideraient à faire appliquer l'accord.

Aux termes de l'accord de paix, la RDC s'engage à localiser et à désarmer les milices hutues rwandaises Interahamwe et les ex-FAR - forces responsables du génocide de 1994 au Rwanda qui demeurent actives en RDC; à collaborer avec la Mission de l'ONU en RDC (MONUC) pour démanteler les milices Interahamwe et ex-FAR; et à rapatrier tous les anciens combattants rwandais au Rwanda, dont les 2000 soldats qui se trouvent actuellement dans une base de l'ONU à Kamina, dans la Province du Katanga, au sud-est de la RDC.

En échange, le gouvernement du Rwanda accepte de retirer ses troupes de la RDC "dès que des mesures efficaces auront été prises pour résoudre les problèmes de sécurité en RDC, en particulier le démantèlement des Interahamwe et des ex-FAR," a indiqué un communiqué officiel envoyé de la capitale rwandaise Kigali.

Un calendrier de 90 jours pour mettre en application cet accord a été défini et accepté par les deux pays.

Parallèlement, le quotidien officiel ougandais, The New Vision, a rapporté lundi qu'un nouveau plan de paix pour la RDC impliquant le mouvement rebelle soutenu par les Rwandais, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), était en cours d'élaboration.

"Le nouvel arrangement, qui est orienté vers la formation d'une administration intérimaire acceptable, est dans une phase avancée de développement," a indiqué James Wapakhabulo, troisième premier ministre adjoint ougandais, cité par le journal. Il a ajouté que le président ougandais Yoweri Museveni était en contact avec ses homologues de Kigali et de Kinshasa à propos de ce nouvel accord.

Au terme de cet accord, M. Kabila resterait président intérimaire et serait assisté de deux vice-présidents - l'un issu du RCD-Goma, l'autre du Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba. Ce nouveau plan remplacerait et annulerait l'accord conclu le 19 avril au terme du dialogue intercongolais de Sun City, en Afrique du Sud, qui prévoit le maintien de M. Kabila à la présidence et la nomination de M. Bemba au poste de premier ministre.

La semaine dernière, M. Museveni a informé M. Bemba de la nouvelle donne; cependant, certaines sources ont indiqué à The New Vision que M. Bemba n'avait pas encore donné son accord.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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