Deux décès attribuables au choléra et 101 autres cas de cette maladie ont été diagnostiqués depuis l’apparition de celle-ci, le 17 juin, dans le secteur central de la ville, Bujumbura Mairie. L’exposé présenté lundi à la communauté humanitaire faisait suite à la tenue, vendredi, d’une réunion conjointe spéciale convoquée par le bureau d’OCHA, à laquelle ont participé des représentants des Nations Unies, du gouvernement et de la communauté des ONG.
"(Les participants) se sont entendus et ont souligné le rôle de direction d’OCHA en matière de coordination et de suivi technique", a déclaré à IRIN le chargé d’information d’OCHA, Nicholas McGowan.
Le nombre de décès a été maîtrisé jusqu’à présent, du moins en partie, en raison de l’intervention rapide de Médecins sans frontières – Belgique (MSF-B). Toutefois, MSF-B a fait part vendredi de ses vives inquiétudes après que l’épidémie ait continué de se propager la semaine dernière, avec l’apparition de 34 nouveaux cas s’ajoutant aux 66 précédemment diagnostiqués. MSF-B et MSF-France, en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge et le Gruppo di Volontariato Civile, continuent de porter assistance aux patients.
"A ce stade, la priorité de la communauté humanitaire consiste nettement à contenir la propagation de la maladie", d’indiquer M. McGowan.
Prenant la parole durant la réunion de vendredi, un médecin de la province Bujumbura Rurale a révélé que 13 cas additionnels avaient été diagnostiqués à Rushubi et 14 autres à Nyambuye. Les mesures adoptées en vue de traiter la maladie incluent la distribution immédiate de pastilles de purification de l’eau et, à plus long terme, la décontamination de la rivière Nyakabugu.
Dans les secteurs les plus affectés, soit ceux de Gihosha et de Gikungu, où le plus grand nombre de cas ont été diagnostiqués, une seule pompe à eau dessert 3500 personnes. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a indiqué qu’il entend coopérer avec l’organisme gouvernemental responsable de la gestion des eaux, le REGIDESO, en vue d’installer dès cette semaine un réservoir d’eau temporaire. Les deux sources locales d’approvisionnement en eau, soit les ruisseaux Kingurube et Nyamivuba, sont contaminées. Un plan a été élaboré pour les décontaminer dès que le niveau de l’eau s’élèvera, ce qui facilitera les travaux nécessaires.
La situation au Burundi reflète les préoccupations croissantes exprimées dans le monde, à l’effet que, à moins que des mesures urgentes ne soient prises dès maintenant, quelque 400 millions d’Africains seront privés d’eau potable saine d’ici l’an 2020, et environ 600 millions vivront sans installation sanitaire.
M. McGowan a signalé que le Burundi s’efforce d’atteindre d’ici 2015 plusieurs des objectifs de développement de l’ONU pour le Millénaire. "L’un de ces objectifs spécifie que le nombre de personnes sans accès à une eau saine doit être réduit de moitié d’ici 2015. Si ces objectifs ne sont pas atteints, cela signifiera que des centaines de milliers de Burundais continueront de courir le risque d’attraper des maladies et infections graves, comme le choléra," dit-il.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions