Le porte-parole du HCR, Kris Janowski, a déclaré dans un point de presse à Genève que les rebelles avaient informé jeudi qu’ils retenaient les infirmières, dont l’ONG travaille pour le compte du HCR.
M.Janowski a indiqué qu’un commandant rebelle, qui s’est identifié comme étant le général Skeleton, a envoyé un message radio au HCR depuis le véhicule de MERCI (une ambulance), et a précisé qu’ils emmenaient les femmes à Voinjama, un fief rebelle situé aux abords de la frontière entre le Liberia et la Guinée.
Aucun mal n’a été fait aux infirmières, qui sont des ressortissantes libériennes, d’après M. Janowski, qui a précisé que l’une d’elles a été autorisée à parler par radio et a confirmé qu’elles étaient bien traitées.
Les rebelles du LURD ont attaqué le camp de réfugiés de Sinje, à 80 km au nord-ouest de la capitale libérienne, Monrovia, dans la matinée de jeudi, ont enlevé les infirmières et ont forcé des réfugiés sierra léonais et des déplacés libériens à fuir. Le camp se trouve sur la route menant à la frontière de la Sierra Leone.
Les alentours de Sinje ont été le théâtre d’affrontements sporadiques mais acharnés il y a un mois, a souligné le HCR, notant que le camp avait été coupé de l’aide humanitaire pendant plus d’un mois à la suite des combats.
Le dernier contact du HCR avec Sinje a eu lieu à 9h15 locale jeudi matin et on entendait alors une fusillade nourrie du côté du carrefour de Kle, à mi-chemin entre Sinje et Monrovia, a rappporté M. Janowski. Cinq minutes plus tard, a-t-il poursuivi, les combats ont atteint Sinje, a-t-il précisé, ajoutant que dans le dernier contact radio, le HCR avait conseillé aux réfugiés et à une soixantaine d’employés locaux de l’ONG de quitter la zone.
Un travailleur humanitaire à Monrovia a déclaré à IRIN vendredi que des informations ont signalé que le camp a été déserté. Aucune information n’a fait état de nouveaux combats et il n’y a aucune nouvelle des personnes enlevées, a encore indiqué la source.
Le porte-parole du LURD, Charles Bennie, a déclaré à IRIN vendredi qu’il n’était pas au courant de l’enlèvement des cinq infirmières. « Je n’ai pas reçu d’informations à ce propos. J’ai des problèmes de communication mais je vais vérifier cela lorsqu’ils me contacteront ou j’essaierai de mon côté», a-t-il expliqué.
M.Janowski, du HCR, a rappelé que le camp de Sinje hébergeait 11 000 réfugiés sierra léonais et environ
8 000 déplacés libériens qui s’y étaient réfugiés durant les récents combats. La localité de Sinje, avoisinante, a entre 4 000 et 5 000 habitants.
M.Janowski a informé que le Bureau du HCR à Zimmi, en Sierra Leone, était en attente pour recevoir une nouvelle vague de personnes déplacées par les hostilités. « Pourtant, ce matin (vendredi), notre bureau n’a signalé aucune affluence importante », a-t-il noté. « Tout porte à croire que des personnes se cachent dans la forêt. Certaines d’entre elles seraient peut être entrain d’aller en direction du sud, vers Monrovia ».
Les combats ont rendu impossible tout rapatriement par la route, « du moins dans un futur proche », a noté M.Janowski. Le HCR doit à nouveau envisager l’option maritime pour les Sierra Léonais réfugiés au Liberia et désirant retourner dans leur pays, a-t-il ajouté.
Le nombre des réfugiés sierra léonais au Liberia est estimé à 35 000.
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