"Beaucoup de choses se passent dans le pays et la situation est très fluide. Cependant, durant les deux derniers jours, il semble qu'il y ait eu une accalmie », a déclaré la source, tout en avertissant que le « calme » pourrait être trompeur. « D'après ce que nous avons recueilli, la stratégie des rebelles serait de s'approcher de la capitale, Monrovia, mais lentement. Nous avons entendu que certains hauts fonctionnaires du gouvernement évacuaient les membres de leurs familles », a-t-il ajouté. « Ceci nous laisse augurer que le pire reste à venir. La situation est très inquiétante ».
Les rebelles du mouvement Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), qui se battent depuis 1998 pour renverser le gouvernement du président Charles Taylor, ont intensifié ces derniers mois leurs offensives dans plusieurs parties du pays.
Dans un communiqué de presse publié jeudi, le groupe a annoncé qu'il contrôlait le comté de Lofa, dans le nord-ouest, le comté de Gbarpolu, situé immédiatement au sud de Lofa, le comté de Bomi, à l'ouest, ainsi que des zones stratégiques dans le centre du Liberia.
Le LURD a averti que ses hommes allaient « défendre farouchement » les régions sous son contrôle et qu'ils riposteraient s'ils sont attaqués par les troupes gouvernementales. Il s'est déclaré prêt au dialogue avec tous les Libériens, sauf avec Charles Taylor, qu'il décrit comme le seul problème de la région.
La guerre au Liberia a provoqué le déplacement de milliers de personnes et la crainte d'une insécurité accrue dans les pays voisins. Les organisations humanitaires ont déclaré que le nombre des déplacés à l'intérieur enregistrés au Liberia s'élève à plus de 110 000. Une évaluation effectuée récemment dans la région de Ganta, à la frontière, par une équipe de fonctionnaires de l'ONU et d'ONG a découvert qu'il y avait plus de 21 000 personnes déplacées par les combats.
Les constatations clé indiquent un surpeuplement dans les écoles qui hébergent les déplacés à l'intérieur, un manque de médicaments et de matériel médical, des structures d'eau et d'assainissement inadéquates, une pénurie alimentaire et la nécessité d'une protection des déplacés et des résidents locaux, a souligné le Bureau de l'ONU de coordination des affaires humanitaires (BCAH/OCHA).
Beaucoup d'autres Libériens ont fui en Sierra Leone, en Guinée et en Côte d'Ivoire.
Jeudi, le chef de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone, le général Daniel Opande, a invité le gouvernement libérien à contrôler son côté de la frontière afin de prévenir des attaques transfrontières contre des villages sierra léonais.
A l'occasion d'une tournée dans les régions frontalières, M. Opande a rencontré des réfugiés libériens qui lui ont révélé que les soldats libériens exigeaient de l'argent avant de les autoriser à franchir la frontière en direction de la Sierra Leone.
D'après le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), un peu plus de 100 réfugiés en moyenne franchissent chaque jour la frontière entre le Liberia et la Sierra Leone.
L'agence a exprimé mardi son extrême préoccupation concernant la sécurité de milliers de réfugiés sierra léonais dans des camps situés près des lignes de front au Liberia. Du fait des combats, le HCR n'a pas pu avoir accès aux camps de Sinje, près de la frontière du Liberia avec la Sierra Leone, pendant plus de deux semaines, et a été uniquement en mesure d'établir un contact radio avec les leaders des réfugiés dans ces camps.
D'un autre côté, un prêtre catholique, disparu il y a une quinzaine de jours, ainsi que 60 aveugles à Tubmanburg, dans l'ouest du Liberia, a été libéré mercredi. Le prêtre, Père Garry Jenkins, a été remis en liberté par les rebelles du LURD, et remis au Nonce apostolique, l'ambassade du Vatican, à Conakry, la capitale de la Guinée voisine. Il a été libéré après qu'une délégation de chefs chrétiens et musulmans libériens se soit rendue en Guinée et ait négocié sa libération avec les rebelles. Toutefois, le sort des 60 personnes aveugles reste inconnu.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions