Près d'un millier de policiers anti-émeutes ont été déployés il y a une semaine autour du terminal Qua Iboe d'exportations pétrolières d'ExxonMobil à Eket, sur la côte orientale du Nigéria. « Les policiers lourdement armés ont monté des barrages routiers sur toutes les routes menant au terminal », a signalé à IRIN M. Moses Ikanga, un habitant d'Eket.
Des militants Ijaw, la plus grande ethnie dans la région pétrolière du Delta du fleuve Niger, sous la bannière du Conseil des Jeunes Ijaw [Ijaw Youths Council (IYC)], avaient averti le mois dernier que si les résidents de la région n'obtenaient pas un accès accru aux ressources pétrolières, les compagnies pétrolières devront fermés leurs opérations le 31 mai ou subir leur colère. Ceci a incité au déploiement des forces de sécurité sur les installations considérées vulnérables aux attaques et à la rupture, ont déclaré des sources proches de l'industrie pétrolière.
Dans d'autres parties du Delta du fleuve Niger, les menaces d'attaques contre les installations pétrolières se sont multipliées depuis qu'un jugement de la Cour suprême il y a un mois a donné au gouvernement fédéral le contrôle de toutes les ressources pétrolières en mer. « Les menaces paraissent assez sérieuses et nous avons reçu une assurance concernant un renfort de sécurité de la part du gouvernement », a indiqué à IRIN un responsable près de la compagnie pétrochimique.
Les responsables de Shell, le plus grand opérateur pétrolier au Nigéria, ont déclaré lundi à une délégation du ministère fédéral de la Défense en visite à son Siège à Port Harcourt, qu'il leur faudrait une sécurité supplémentaire pour leurs installations littorales et en mer à la lumière des menaces récentes.
Le chef de la marine de guerre, Samuel Afolayan, a indiqué que les mesures nécessaires seront prises pour protéger les installations de la compagnie. « La marine est chargée d'ôter tout obstacle qui puisse perturber la paix », sur les champs pétroliers, a-t-il précisé.
La délégation doit également visiter le terminal des exportations pétrolières de Shell et l'usine nigériane de gaz naturel liquéfié, qui se trouvent tous les deux sur l'île de Bonny, sur la côte atlantique, afin d'évaluer les besoins en matière de sécurité.
Au cours de la décennie écoulée, des jeunes mécontents issus des communautés paupérisées de la région ont fréquemment perturbé les opérations pétrolières par le biais d'actes de protestations, notamment le sabotage et la prise d'otage, pour appuyer leurs revendications visant à un accès accru à la richesse pétrolière de la région.
En avril, des militants étaient montés sur une plate-forme pétrolière en mer, opérée par ChevronTexaco, et avaient pris en otage pendant plusieurs jours 88 employés étrangers et Nigérians pour réclamer un emploi et des avantages. L'ultimatum fixé ultérieurement par l'IYC est largement considéré comme un signal que de nouvelles perturbations occasionnées par les militants étaient imminentes.
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