Des responsables de l'Eglise catholique ont confirmé que cent personnes qui ont fui les violences sont actuellement réfugiées dans la principale paroisse de l'église à Port Harcourt, la ville la plus proche, où une assistance humanitaire leur a été fournie.
Les affrontements au sujet de la propriété de certaines parties de Bori, la principale localité peuplée de 500 000 Ogoni dans le Delta du fleuve Niger, ont opposé les communautés Yege et Lakpor, qui se sont adonnées à des attaques de représailles pendant presque toute la semaine écoulée. Plusieurs maisons ont également été détruites.
"Initialement, trois personnes ont été tuées », a indiqué à IRIN Bari Ollo, un habitant de Bori. « Mais avec les attaques de représailles qui ont suivi pas moins de 12 autres personnes ont perdu leurs vies ».
Depuis lors, des policiers armées ont été déployés dans la zone pour faire cesser la violence. Des journaux ont informé mardi qu'une réunion des chefs traditionnels, des leaders communautaires et des groupes de jeunes a été organisée pour favoriser une médiation en vue de mettre fin à la dernière crise dans la région.
Les Ogoni ont attiré l'attention internationale avec l'émergence du Mouvement pour la Survie du Peuple Ogoni (MOSOP) au début des années 1990. Dirigé par l'écrivain et militant des droits des minorités, Ken Saro-Wiwa, le MOSOP a fait campagne contre la dégradation de l'environnement de leur terre découlant des activités pétrolières de Royal/Dutch Shell.
Le groupe a aussi été le fer de lance des revendications d'un accès accru à la richesse pétrolière produite sur leurs terres par le gouvernement nigérian.
Saro-Wiwa et huit autres militants ont été pendus en 1995 sur les ordres du défunt dictateur nigérian, Sani Abacha, après des allégations d'homicide. Ceci avait fait suite à leur procès pour le meurtre de quatre dirigeants Ogoni, largement condamné pour son caractère biaisé.
Avec la fin du régime militaire et l'émergence du président Olusegun Obasanjo in 1999, le gouvernement fédéral du Nigéria a pris des mesures pour en finir avec l'héritage de l'impunité laissé par les militaires en terre Ogoni.
Or avec la perspective des élections à la fin de l'année en cours et au début de 2003, des craintes ont été exprimées quant au fait que la manipulation politique pourrait aboutir à davantage de violence en terre Ogoni et dans d'autres parties du Nigéria. La MOSOP a averti, en début d'année, que les activités de certains hommes politiques étaient entrain de créer un climat propice à la violence en terre Ogoni.
Un responsable proche du MOSOP a indiqué à IRIN que les derniers événements étaient en rapport avec la jouxte des certains politiciens à l'approche des prochaines élections. « C'est le cas de certaines personnes qui manipulent à des fins politiques des différends qui existent depuis longtemps entre deux communautés », a-t-il souligné.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions