Les efforts des travailleurs humanitaires tendant à évaluer rapidement les besoins des personnes déplacées ont été retardées à cause de la situation sécuritaire. Mais il a été estimé que près de 6 000 déplacés à l'intérieur avaient atteint Ganta, dans le comté de Nimba, tandis que 5 000 autres sont arrivés à Totoka, au sud de Gbarnga. Le nombre total des déplacés à l'intérieur du Liberia était estimé à 40 000 au moins.
Des employés humanitaires en Côte d'Ivoire voisine ont indiqué à IRIN que des dizaines de libériens sont passés du Liberia à l'intérieur du pays à la fin de semaine.
Des tirs ont provoqué des mouvements de panique à Monrovia. Le président Charles Taylor a incité au calme, affirmant que ses troupes repousseraient les opposants. Dans une intervention à la radio, il a affirmé que, contrairement à ce que proclament les rebelles du mouvement des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), la ville centrale de Gbarnga , à 160 km au nord de Monrovia, n'a pas été envahie.
Un communiqué publié par le LURD jeudi avait annoncé que Gbarnga et " un nombre de villes stratégiques dans le centre du Liberia" étaient tombées entre les mains des rebelles.
"Nous ne sommes pas prêts d'être vaincus", a affirmé M. Taylor. Au moins 100 combattants rebelles , a-t-il indiqué, ont été tués à Gbarnga depuis la semaine dernière. Il a reconnu que les combats continuaient à Arthington, à 16 km au nord de Monrovia, où il possède une maison, et dans la localité de Klay junction, à 40 km au nord de Monrovia.
Des agences de presse ont cité ce lundi des habitants de Monrovia qui ont affirmé avoir entendu des tirs en provenance du pont de la rivière Po, à 15 km de la ville, l'une des dernières lignes de défense entre les forces régulières et le LURD.
Les rebelles du LURD, qui cherchent à renverser M. Taylor, ont informé dimanche qu'ils avaient attaqué et pris la ville de Klay Junction et qu'ils avançaient vers la capitale, a indiqué Reuters.
D'autre part, le parlement libérien a prolongé pour six mois l'état d'urgence instauré en février à cause de la crise dans le pays. Le président du parlement, Nyudueh Morkonmana, cité par la radio Liberia International, a signalé que le parlement s'était réuni en session urgente.
L'état d'urgence a été prolongé suite à la décision de la semaine dernière du Conseil de sécurité de l'ONU de renouveler les sanctions contre le Liberia après un rapport d'un groupe d'experts. Le groupe d'experts a enquêté sur le respect de la résolution 1343 de mars 2001, par laquelle des sanctions ont été imposées à Monrovia à cause de ses liens avec les rebelles de la Sierra Leone voisine. Elle a recommandé le maintien d'un embargo sur les armes, déclarant qu'il existait une preuve tangible que le gouvernement achetait des armes en violation des restrictions.
Des groupes des droits de l'homme ont déclaré que M. Taylor profitait de l'état d'urgence pour commettre des abus, notamment des assassinats de civils, des viols et des conscriptions forcées.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions