Résumant les résultats de la tournée dans les pays des Grands Lacs effectuée par une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU, M. Ngongi a déclaré « un point majeur à garder à l'esprit est l'unanimité obtenue pour un projet visant à créer un zone tampon entre la RDC et trois de ses voisins, le Burundi, l'Ouganda et le Rwanda ».
"C'est un progrès remarquable », a-t-il opiné, tout en prévenant que pour que le plan soit mis en action, tous les acteurs politiques devront y participer.
"Le RCD [Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma)] des rebelles appuyés par le Rwanda , qui contrôle la zone frontière, doit être inclus dans le processus politique ».
Le RCD n'a pas signé l'accord concernant le partage du pouvoir conclu à Sun City, en Afrique du Sud, le mois dernier, entre le gouvernement de la RDC et le Mouvement de libération du Congo (MLC), épaulé par l'Ouganda.
La proposition d'une zone tampon, telle qu'esquissée par l'ambassadeur de la France auprès de l'ONU, Jean-David Levitte, impliquerait une coopération entre les forces armées congolaises et les troupes du Burundi, du Rwanda et de l'Ouganda.
La délégation du Conseil de sécurité a soumis la proposition aux chefs d'Etats régionaux durant des discussions autour de trois questions interdépendantes: le dialogue intercongolais, le désarmement des groupes armés dans l'Est de la RDC et le retrait des troupes étrangères de la RDC.
Le gouvernement rwandais a indiqué qu'il a réitéré à maintes reprises qu'il ne retirera ses troupes du Congo que lorsque les extrémistes hutus rwandais basés en RDC auront été désarmés et démobilisés, alors que le gouvernement de la RDC a précédemment insisté sur un retrait total et inconditionnel de toutes les forces étrangères se trouvant sur son territoire.
"Nous avons obtenu l'accord de tous les pays concernés au niveau du chef d'Etat pour que cette idée soit réalisée au moment opportun », a indiqué M. Levitte, qui était à la tête de la délégation de l'ONU la semaine dernière.
"Nous envisageons, avec le retrait total des forces étrangères, que les trois pays voisins qui ont des problèmes de sécurité puissent stationner des troupes à l'intérieur d'une zone étroite du Congo, de créer une coopération entre les troupes congolaises et rwandaises, par exemple, avec l'aide de la MONUC [la mission militaire de l'ONU en RDC] », a-t-il continué. « Je pense que la MONUC peut déployer des observateurs dans cette zone comme elle l'a d'ailleurs fait le long de l'immense ligne de désengagement ».
M. Ngongi a noté que les modalités en vue de l'exécution effective de ce projet seraient fixées par la MONUC, en coopération avec la Commission militaire conjointe (CMC). Etablie dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, la CMC est composée de deux représentants de chacune des neuf parties reconnues dans le conflit de la RDC, de même que de représentants de la MONUC, de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et de la Zambie.
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