Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité ont appelé le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), mouvement de l'opposition armée soutenu par le Rwanda, à retirer ses troupes de la troisième plus grande ville congolaise, où des affrontements avec des forces ougandaises en 1999 et 2000 ont fait des centaines de morts parmi les civils.
L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-David Levitte, qui dirige la délégation, a déclaré à des journalistes à Kisangani que la démilitarisation totale de la ville figurerait en tête des questions à l'ordre du jour du Conseil.
M. Levitte a également souligné l'importance de la réouverture du vaste réseau fluvial de la RDC à la libre navigation, une question approuvée en théorie par toutes les parties belligérantes. "Nous appuierons avec force la reprise du trafic commercial dans tout le Congo. Le plus important est la reprise d'une vie normale pour des milliers et des milliers de gens ordinaires," a indiqué M. Levitte, cité par Reuters.
Lundi, un convoi de quatre barges transportant plus de 1000 tonnes de produits humanitaires est parti de Kinshasa à destination de Kisangani. Le trajet de 1700 km, qui sera effectué à contre-courant sur le fleuve Congo, durera trois semaines. Le convoi, escorté par la mission de maintien de la paix de l'ONU en RDC (connue sur son acronyme français, MONUC), fera escale dans les villes septentrionales de Bumba, Lisala et Isangi, afin d'y décharger environ 25 pour cent de sa cargaison. Les autres trois quarts de ce fret humanitaire seront livrés à Kisangani.
La cargaison est constituée de médicaments, matériel médical, carburant, nourriture, fournitures scolaires, matériaux de construction, ustensiles de cuisine, vêtements, semences et outillage agricole, et même de vélos. Le bateau repartira pour Kinshasa avec 500 tonnes de nourriture et de vêtements, "suffisamment loin de Kisangani pour ne pas déstabiliser le marché local", a précisé le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Par ailleurs, la délégation onusienne s'est entretenue mardi matin à Kinshasa avec le président congolais Joseph Kabila pendant deux heures. L'après-midi, les délégués ont rencontré des représentants de la société civile, des partis politiques, des chefs religieux, ainsi que la MONUC et d'autres agences de l'ONU.
M. Levitte a déclaré mercredi à la presse que M. Kabila avait dit qu'il souhaitait poursuivre les négociations sur le partage du pouvoir en RDC. "Le président Kabila nous a dit que la porte du dialogue était grande ouverte," a rapporté M. Levitte, selon Reuters.
L'accord conclu à l'issue du dialogue intercongolais à Sun City, en Afrique du Sud, a été approuvé par environ 80 pour cent des délégués ayant participé au dialogue. En vertu de cet accord, M. Kabila restera président durant la période de transition qui conduira à des élections, tandis que Jean-Pierre Bemba, chef de file du Mouvement de libération du Congo (MLC), sera nommé premier ministre. Cependant, le refus du RCD-Goma de se joindre à cet accord soulève certaines inquiétudes sur un possible retour à la violence.
M. Levitte a indiqué que le message du Conseil à toutes les parties restait le même: "Pensez à la paix dans la région, pensez aux moyens de faire avancer le processus de paix, car les populations d'ici ne demandent que cela," a-t-il affirmé, dans des propos cités par UN News.
Le patron du FMI, Horst Koehler, a déclaré mardi lors d'une conférence de presse à Kinshasa que son organisation pourrait augmenter sa coopération avec la RDC si le processus de paix continuait d'avancer dans la bonne direction.
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