"Nous attendons aujourd'hui que le MLC et Kinshasa participent au suivi du dialogue intercongolais, afin de décider des nouvelles structures de partage du pouvoir," a-t-il dit. "Ils doivent revenir autour de la table des négociations pour étudier la seconde proposition de Thabo Mbeki [le président sud-africain]".
Les deux délégations avaient cependant regagné la République démocratique du Congo (RDC), après avoir signé un accord le 19 avril.
Qualifiant l'accord ratifié la semaine dernière - par le gouvernement de Joseph Kabila, le MLC, le RCD-Mouvement pour la libération (RCD-ML), le RCD-Nationale (RCD-N), les six représentants Mayi-Mayi, les 19 représentants des partis de l'opposition et les 45 représentants de la société civile - "d'absolument illégal", M. Mulumba a indiqué qu'il s'agissait d'un accord privé entre M. Kabila et le chef de file du MLC, Jean-Pierre Bemba, signé en dehors du cadre du dialogue intercongolais, que le RCD ne pouvait en aucun cas accepter.
Il a réitéré que les objectifs premiers du dialogue intercongolais - mettre un terme à la guerre, réunifier le pays et rétablir la paix et la sécurité pour les pays voisins de la RDC - ne seraient pas atteints dans le cadre de cet accord, et qu'il n'offrait aucune solution aux problèmes de la RDC. Il a précisé que le RCD était disposé à étudier uniquement le plan proposé le 11 avril par M. Mbeki.
Interrogé sur ce qui se passerait si le MLC et Kinshasa exécutaient leurs plans et formaient un gouvernement sans le RCD, M. Mulumba a répondu qu'il "n'était pas possible de faire quoi que ce soit dans notre pays sans nous inclure". "Je ne peux pas vous dire ce que nous ferons mais nous prendrons nos responsabilités." Il a cependant ajouté qu'il n'envisageait pas de réagir par la violence, et que les parties au conflit devaient être politiquement responsables et faire leur possible pour rétablir la paix en RDC.
Selon l'arrangement entre le MLC et le gouvernement, qui couvre la période de transition menant aux élections, M. Kabila restera président, M. Bemba deviendra premier ministre, la fonction de président de l'Assemblée nationale reviendra au RCD, le président du Sénat sera désigné par les partis de l'opposition et la société civile sera responsable des élections, des médias, de la commission pour la vérité et la réconciliation, des droits de l'homme et du comité d'éthique et de lutte contre la corruption.
L'équipe de médiation du dialogue intercongolais, dirigée par Ketumile Masire, a rejeté l'accord, ainsi que le leader de l'opposition Etienne Tshisekedi.
L'accord de transition proposé par M. Mbeki et susceptible d'intéresser le RCD permettrait à M. Kabila de conserver la présidence jusqu'à la tenue d'élections nationales, tandis qu'un Conseil d'Etat et un cabinet de réconciliation nationale seraient annexés à la présidence en tant qu'autorités exécutives. Les membres du Conseil de sécurité comprendraient le président, les chefs de file du RCD et du MLC, et un premier ministre, qui serait nommé par consensus lors du dialogue intercongolais par les membres de l'opposition non armée. Dans ce cas, les pouvoirs de M. Kabila seraient largement réduits.
Parallèlement, le Rwanda a mis en garde que la guerre pourrait éclater si le RCD continuait d'être tenu à l'écart, ont rapporté les agences de presse. "M. Kabila a dû spéculer qu'avec M. Bemba à ses côtés, il pouvait renforcer son pouvoir... et tenter de se débarrasser du RCD. Si c'est le cas, cela conduira à une autre guerre," a déclaré Patrick Mazimpaka, le conseiller à la présidence du Rwanda, cité par la BBC.
Dans une affaire séparée, un commandant rebelle, qui appartiendrait au RCD, a indiqué lundi que le groupe était divisé sur la question d'accepter ou non de rejoindre le gouvernement et le MLC, a rapporté Reuters. Songolo Nura, qui s'est dit commandant dans la province de Katanga, a fait savoir que d'importants responsables du RCD étaient prêts à accepter l'accord, et il a ajouté qu'il serait à la tête d'une délégation de 30 hauts responsables du RCD devant rencontrer M. Kabila dans les prochains jours.
M. Nura a expliqué qu'un désaccord de plus en plus profond opposait les responsables du RCD fidèles aux alliés rwandais qui soutiennent le mouvement et ceux qui voulaient rejoindre M. Kabila. "Nous avons été les marionnettes du Rwanda, nous en avons assez... c'est pourquoi nous nous éloignons," a-t-il dit, selon des propos cités par Reuters.
M. Mulumba a toutefois démenti une telle scission au sein du RCD.
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