Etaient présents le président sud africain, Thabo Mbeki, qui présidait la réunion aux côtés du facilitateur du dialogue intercongolais, Ketumile Masire, les principaux négociateurs du gouvernement de la RDC, et les délégations du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) et du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma). Les délégations du gouvernement et du MLC sont tombées d'accord pour blâmer le RCD pour l'absence de progrès.
"Il était impossible de se mettre d'accord puisque nous étions en face de compatriotes qui sont incapables de négocier librement », a affirmé le ministre de la Sécurité nationale de la RDC, Mwenze Kongolo, qui faisait allusion aux négociateurs du RCD. Olivier Kamitatu, secrétaire général du MLC, a indiqué que le RCD a refusé de souscrire à l'accord entre le MLC et le gouvernement, en vigueur depuis le 17 avril.
L'arrangement concède au chef du MLC, Jean-Pierre Bemba, le poste de premier ministre dans un gouvernement de transition, et confirme Joseph Kabila comme président. En tout, 70 pour cent du pays serait également réunifié, est-il proclamé.
Adolphe Onusumba, président du RCD, a rejeté la responsabilité de l'échec de la séance sur l'équipe de facilitation.
Le président Mbeki a clairement souligné qu'un accord qui n'a rien d'inclusif ne rétablirait pas la paix en RDC. Une personne de son entourage a déclaré aux journalistes que le RCD, qui contrôle près du tiers du territoire, ne pouvait être exclu d'un accord.
Le MLC de M. Bemba a indiqué jeudi qu'il pourrait envisager que le RCD ait un poste de vice-premier ministre, avec la défense et la sécurité comme portefeuilles spéciaux, au sein d'un gouvernement où lui-même serait le premier ministre. Son poste serait le plus important, a-t-il ajouté.
Interrogé sur son point de vue au sujet de l'accord entre M. Bemba et le gouvernement, M. Onusumba a répondu que Bemba « essayait juste d'avoir son 10 pour cent ».
M. Bemba se targue d'avoir une armée de 20 000 hommes qui ont fait leur preuve au combat. Ses troupes ont de nombreux camarades dans l'armée de Kinshasa qui pourraient se rallier à lui s'il arrive à Kinshasa. Il a également évoqué sa parenté avec la famille de l'ex-président, feu Mobutu Sese Seko, et jouirait de l'appui de nombreux membres de l'ancienne classe au pouvoir créée par le défunt président.
D'autre part, des messages contradictoires ont émané du gouvernement ougandais jeudi. En début de journée, un message censé provenir du cabinet du président a décrit l'accord entre M. Bemba et Kinshasa comme un « exercice de futilité ». Mais dans la soirée, un communiqué du ministère ougandais des Affaires étrangères a signalé que l'Ouganda serait susceptible d'appuyer l'accord.
Avant la diffusion du deuxième communiqué, le chef du RCD-Mouvement de libération (ML-appuyé par l'Ouganda), Mbusa Nyamwisi, qui dispose de 5 000 soldats dans le nord-est de la RDC, a fait savoir qu'il ne se joindrait pas à l'alliance avec Kinshasa.
Parallèlement jeudi, un hélicoptère appartenant à la Mission d'observation de l'ONU en RDC (connue par son sigle français 'MONUC') a été abattu par des hommes armés non identifiés à Zongwe, à 750 km environ au nord de la ville de Lubumbashi, au nord de la partie Est de la RDC. Il n'y a pas eu de victimes. Il s'agit de la deuxième attaque cette année contre un hélicoptère de l'ONU en RDC.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions