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Accord entre le gouvernement et le MLC ; le RCD exclue

** DERNIERE NOUVELLE **

Un accord qui pourrait réunifier la plus grande partie de la République démocratique du Congo (RCD) a été signé vendredi par la majorité des délégués au dialogue intercongolais à Sun City, en Afrique du Sud. Toutefois, la séance de signature n'a pas été reconnue par les organisateurs du dialogue, qui espéraient un accord inclusif englobant les principaux groupes au conflit.

"Il y a eu une avalanche de soutien au gouvernement de [Kinshasa]", a indiqué un observateur à IRIN. "C'est un gros coup pour le gouvernement".

L'accord, d'abord conclu entre les autorités de Kinshasa et le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) rebelle, appuyé par l'Ouganda, maintient Joseph Kabila, âgé de 30 ans, comme président, et hisse le chef du MLC, Jean-Pierre Bemba au poste de premier ministre. Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) rebelle, soutenu par le Rwanda, a néanmoins refusé de signer, et aucune prolongation des assises n'était prévue.

Il y aura un parlement, mais il ne lui sera pas permis de voter une motion de non confiance au gouvernement. L'accord parle d'une commission électorale, mais ne fixe pas une date pour les élections.

Jeudi, le RCD a demandé une extension des négociations, qui devaient initialement s'achever le 12 avril, mais la motion n'a pas été approuvée. « Le gouvernement et le MLC ne vont pas accepter une continuation du dialogue, surtout avec l'actuelle équipe du facilitateur », a commenté à IRIN un diplomate de l'Union européenne. Une source proche du président sud africain, Thabo Mbeki, a souligné que l'accord partial ne mettra pas fin à la guerre.

Des observateurs internationaux à Sun City étaient divisés quant à savoir si un accord partial, qui exclue le RCD, était un échec. « Certains pays, notamment la France et le Canada, ont encouragé les Congolais au dialogue à faire montre d'unité contre l'occupation militaire rwandaise du territoire contrôlé par le RCD », a expliqué l'un des observateurs."Ils peuvent avoir compté ou pas sur le fait qu'une manifestation d'unité se convertisse en un gouvernement qui a exclu le RCD ».

Dans la nuit de jeudi, M. Mbeki a fait une dernière tentative de médiation entre le gouvernement et ses alliés, d'une part, et le RCD qui contrôle près du tiers de la RDC, d'autre part. Lorsque l'équipe du facilitateur a ajourné la séance à 1 heure du matin, M. Mbeki aurait déclaré que s'il avait été Congolais, il serait resté plus tard.

Vendredi, avant qu'un ministre de la RDC présente des copies de l'accord pour signature, le facilitateur du dialogue, Ketumile Masire a déclaré que l'accord ne s'inscrivait pas dans le cadre du dialogue. La séance de signature a fait suite à une séance plénière des 350 délégués, durant laquelle une série de résolutions du comité a été approuvée. Des résolutions sur l'économie, la paix et la réconciliation ont été approuvées, mais les délégués craignaient qu'elle ne soient pas mises en oeuvre avant un accord politique global.

Il n'y a pas eu de résolution au dialogue sur le partage du pouvoir, qui est le fonds du problème en RDC. En 52 jours de réunions du comité, les parties n'ont pas pu se mettre d'accord sur une formule qui pourrait réunifier le pays tout entier.

Sur les 33 parties d'opposition, huit n'ont pas signé l'accord. Les huit dissidents incluent l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), dirigée par le vétéran de l'opposition, Etienne Tshisekedi, et d'autres partis présidés par des hommes qui ont été condamnés à de longues peines de prison sous les dictatures antérieures. Mais leur appui de la part de la base est incertain, puisqu'il n'y a pas eu d'élections nationales depuis l'indépendance en 1960.

Des rumeurs circulant dans la nuit de jeudi laissaient entendre que M. Tshisekedi pourrait passer une alliance avec le RCD-Goma et établir un gouvernement à Kisangani, la troisième ville de la RDC, actuellement sous le contrôle du RCD. Pourtant, beaucoup de dissidents ont rejeté cette idée qu'ils ont qualifié de geste désespéré, en notant que la population de Kisangani, une ville commerciale sur le fleuve Congo qui a perdu sa liaison commerciale avec la capitale, veut la réunion avec Kinshasa.

Si l'accord fonctionne bien entre le gouvernement de Joseph Kabila, le MLC de Jean-Pierre Bemba, les factions du RCD-ML (Mouvement de libération) et la faction, plus petite, du RCD-N (Nationale), les habitants dans 70 pour cent du pays pourraient circuler librement, et plusieurs barrières au commerce intérieur seraient levées, ce qui relancerait l'économie éclatée. D'un autre côté, un tel changement dans l'équilibre du pouvoir pourrait attiser le conflit actuel dans l'est de la RDC, où le RCD-Goma et les forces rwandaises se battent contre les rebelles rwandais et burundais, y compris certains coupables de génocide, ainsi que les guerrillas Maï-Maï congolaises et les Congolais tutsi, connus comme les Banyamulenge.

Le gouvernement du président ougandais, Yoweri Museveni, avait envoyé des signaux contradictoires tout au long du dialogue, mais semblait avoir accepté l'accord jeudi. Des observateurs affirment que l'Ouganda a été instrumental dans la négociation de l'accord.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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