ce qui permet au gouvernement du Burundi d'être optimiste quant à une solution pour la question du cessez-le-feu", a déclaré Domitien Ndayizeye, vice-président du Burundi, dans une conférence mercredi à Bruxelles, dernière halte de sa tournée en Europe.
Il a basé son affirmation sur les négociations en cours à Pretoria, Afrique du Sud, entre le gouvernement du Burundi et l'aile armée du Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD), dirigée par Jean-Bosco Ndayikengurukiye, tout en émettant le voeu que les Forces nationales de libération (FNL), dirigées par Agathon Rwasa, et le CNDD, dirigé par Pierre Nkurunziza, arriveraient pour de futures négociations la semaine prochaine.
"Ils doivent négocier car il leur est de toute façon impossible de gagner la guerre. Alors autant sauver la vie des civils", a affirmé M. Ndayizeye.
Concernant les relations avec la Tanzanie, accusée d'héberger des rebelles, M. Ndayizeye a signalé « qu'elles s'améliorent ».
"L'essentiel des réfugiés [du Burundi] est en Tanzanie", dit-il, "C'est pourquoi la solution (pour le cessez-le-feu) ne sera pas atteinte si la Tanzanie n'y met pas son poids". Selon M. Ndayizeye, 28 000 personnes sont retournées en 2001, tandis que 54 000 sont retournées depuis janvier 2002. « C'est le signe que les gens ont confiance dans le processus de paix », a-t-il opiné.
En vertu de l'Accord d'Arusha de paix et de réconciliation au Burundi, M. Ndayizeye doit devenir le président le 1er mai 2003. « Je n'ai aucune crainte car tout sera arrangé comme prévu », a-t-il souligné. « Le gouvernement du Burundi veut à présent mettre en oeuvre les réformes prévues par l'accord, et préparer les élections », a-t-il poursuivi. Les élections municipales [locales] seront organisées en mai 2003, les législatives en novembre 2003 et les élections présidentielles en novembre 2004.
L'autre défi pour le Burundi, a remarqué M. Ndayizeye, est la pauvreté. « Si elle continue à s'aggraver, la paix sera compromise », a-t-il auguré. Le Burundi a soumis aux bailleurs de fonds internationaux son Cadre stratégique intérimaire de croissance économique et de lutte contre la pauvreté (CSLP). « Les perspectives sont bonnes », a-t-il encore dit, « mais il reste un seul point: le FMI [Fonds monétaire international] demande qu'on réduise nos dépenses publiques, mais cela entre en contradiction avec notre intérêt de relancer l'économie ».
Le Burundi a demandé aux donateurs d'appuyer le cas du Burundi auprès du FMI, et aussi de financer un fonds fiduciaire avec l'aide de la Banque mondiale. D'après M. Ndayizeye, le Royaume-Uni a déjà versé 1 million de dollars, et la Belgique, la Suède et l'Autriche ont annoncé des contributions. Il prie maintenant l'Autriche de mobiliser un groupe de donateurs qui comprendrait l'Autriche, la Belgique, la France, la Suède, le Royaume-Uni, et éventuellement l'Allemagne, qu'il visitera le mois prochain.
Au début du mois en cours, le 2 avril, l'Allemagne a annoncé la reprise de son aide au Burundi au terme de neuf années de suspension. Le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement a également rapporté que 45,2 millions d'euros (environ 40 millions de dollars) au total ont été réservés à des projets destinés à la réintégration des réfugiés du Burundi, à des activités associées au VIH/Sida, et à des projets d'approvisionnement des zones rurales en eau.
Durant sa tournée dans cinq nations, M.Ndayizeye a fait le point sur le processus de paix au Burundi et sur la reprise de la coopération entre le Burundi et ses partenaires dans la région. M. Ndayizeye et les douze membres de sa délégation avaient quitté le Burundi le 31 mars et devaient y retourner le jeudi 18 avril, à l'issue de visites en Autriche, en Italie, au Vatican, au Royaume-Uni, en Suède et en Belgique.
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